DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
gendarmerie nationale — •
Bureau secret
n° 5588 Paris le 26 messidor an XI.
Hugaes Destrem ^^ général Moncejj, i" insest arrêté pectcur général de la Genêt conduit à l'Ile de Ré darmerie Nat^\ au Grand Juge, ministre de la Justice.
Citoyen Grand Juge,
Le capitaine de gendarmerie de TAude m'annonce en date du 14 de ce mois, que Hugues Destrem a été arrêté, le m^me jour dans la commune de Fangeaux.
Il devait partir le lendemain, sous l'escorte d'un sous officier et d'un gendarme, pour être conduit, conformément à Vv.s instructions à l'Isle de Rhé.
Aussitôt que j'aurai été instruit de son arrivée à sa nouvelle destination, je m'empresserai de vous en informer.
J'ai l'honneur de vous saluer avec considération.
En l'absence da 1'' Inspecteur Général :
Le Général de Division^ Inspecteur Général, GouviON.
Une des filles de Destrem, assista à cette arrestation de Panjeaux. Ai partir dfe ce jour, et jusque dans l'âge le plus avancé, la vue d'un gendarme lui causa une horreur insurmontable ; elle était saisie, quand elle en rencontrait, de tremblements nerveUx et même d'évanouissements.
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Le croirait-on ? non seulement Etienne Destrem, mais encore Français (de Nantes) et Berlier, n'hésitèrent pas à tenter de nouvelles démarches. Quand je songe que Berlier et Français sont de hauts fonctionnaires du Consulat, de futurs comtes de l'Empire, qu'ils tiennent certainement à ne point se brouiller avec un régime donf ils recherchent les faveurs, et que pourtant, ils jouent ainsi leur crédit pour tâcher de sauver un ancien collègue particulièrement en danger, je me sens ému, à un point que je ne saurais exprimer. Voici une lettre dte Berlier :
Police secrète
Conseil liberté — égalité
des prises —
Témoignage favorable Paris le 30 thermidor an XI au Cn Destrem de la République une et
— indivisible.
Citoyen Grand Juge,
J'ai l'honneur de vous transmettre la déclaration du sous préfet de Castelnaudary, en faveur du Cn Destrem. Cette pièce est le complément de celles que mon collègue Français (de Nantes) et moi vous avons adressées il y a quelques jours.
Je souhaite que ces attestations contribuent à la justification du malheureux Destrem, et au retour de sa liberté.
Je serai, en mon particulier, très sensible à l'intérêt dont vous voudrez bien l'honorer, si, comme je me le persuade, son innocence vous est démontrée par les certificats qu'il a produits et qui sont entre vos mains.
Salut et considération, F. Berlier.
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Les pièces recueillies par l'infatigable flls de Destrem, transmises par Berlier et par Français (de Nantes) sont, outre l'attestation du sous-préfet de Gastelnaudary, d'autres attestations du maire, des adjoints et des habitants de Fanjeaux en faveur du procrit ; mais, dès le 16 messidor, le surlendemain de la nouvelle arrestation de son père, il écrivait au Grand Juge :
... La nouvelle arrestation de mon père produira raccomplissement total de sa ruine.
Dès qu'il fut arrivé dans le département de l'Aude, et qu'il eut vu ses enfants, il se retira à la campagne, absolument occupé de l'arrangement de ses affaires. Il n'a songé qu'à acquérir sa tranquillité et celle de ses enfants.
... Il est de fait que la surveillance de mon père dans ce département n'a été ni pénible à exercer, ni un motif de blâme pour sa conduite particulière. Si d'autres causes. Citoyen Grand Juge, ont ordonné la nouvelle arrestation de mon père, toute sa famille en souffrira sans doute ; mais les preuves de sa tranquilité n'en seront pas moins constantes.
Et maintenant, voici les documents transmis par Berlier et par Français (de Nantes) :
C'est d'abord une « Attestation des maire et adjoints de la commune de Fanjeaux, département de l'Aude, en faveur du citoyen Destrem. »
Nous maire et adjoint de la commune de Fanjeaux, chef lieu de canton. Département de l'Aude, attestons et déclarons à qui il appartiendra que durant le séjour du Gn Destrem dans cette commune, depuis son retour de risle de Rhé, nous avons exercé sur lui notre surveillance?, et nous n'avons eu aucun motif de
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plainte, ni à raison de ses propos, ni à ciause de ses procédés ; nous n'avons eu qu'à nous louer de sa conduite modérée et tranquille. En foy de ce, avons délivré la présente Déclaration. Fanjeaux, le 7® thermidor an XI de la République française.
LiEussou, maire ; Valette (Charles), adjoint ;
Par les Dits maire et adjoint :
Gleizes, secrétaire.
Vu par le préfet du Département de l'Aude, pour là vérité de la signature des Cen Lieussou et Valette Charles, maire et adjoint de la commune de Fanjeaux, à Carcassonne le 8 thermidor an XI, en l'absence du préfet,
Le conseiller de préfecture :