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chacun en veut sa part. Telles, à l'annonce de nouveaux placers, on voit se précipiter, sac au dos, pic en main, les hordes d'émigrants, pauvres de costume, mais riches d'espérances. J'ignore sur quelles ressources peuvent compter les communautés qui ont jeté sur Lourdes leur dévolu, mais je dois dire qu'en général les communautés sont assez disposées à construire d'abord et à acquérir, sauf à solliciter ensuite le secours des bonnes âmes pour sortir d'embarras. La plupart des appels de fonds lancés dans le public par le clergé n'ont d'autre but que d'intéresser les fidèles à quelque œuvre un peu légèrement entreprise.

« Les travaux de notre nouveau patronage avancent rapidement, écrit au Pèlerin l'abbé F... Les murs de la façade sont à la hauteur voulue; mais, s'ils montent si vite vers le ciel, c'est pour lui demander l'argent qui les payera *. »

Quoique l'abbé F... en appelle uniquement au ciel, vous verrez que ce seront encore les fidèles qui débourseront.

Nous n'insisterions pas sur ces perpétuelles demandes d'argent, auxquelles le public pieux est après tout fort libre de se soumettre, si nous n'avions à faire cette dernière observation, que les ordres religieux qui

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gèrent la plupart de nos usines à miracles n'ont pas plus tôt achevé de mettre en état un lieu de pèlerinage, qu'ils en ont ailleurs un autre à fonder, je veux dire à achever.

Certains ordres, en tète desquels je citerai celui des pères oblats de Marie, prennent en quelque sorte la restauration des pèlerinages à l'entreprise. Sur la demande d'un évêque, se détache du groupe principal un petit nombre de pères qui vont prendre possession de quelque coin de terre destiné soit à devenir privilégié, soit à le redevenir, s'il le fut jadis. Au bout de plusieurs années d'une ardente propagande, appuyée de quêtes diocésaines, il est rare que le pèlerinage ne soit pas en bon chemin.

C'est ainsi qu'en peu de temps les pères oblats ont rendu son lustre à Notre-Dame du Laus. Aujourd'hui cet ordre actif, dont la reconnaissance officielle ne date que de 1826, tient une douzaine de nos pèlerinages les plus fréquentés : Notre-Dame de l'Osier, au diocèse de Grenoble; Notre-Dame de Sion, au diocèse de Nancy; Notre-Dame de Cléry, au diocèse d'Orléans; Notre-Dame de Talence, au diocèse de Bordeaux ; Notre-Dame de Bon-Secours, au diocèse de Viviers; Notre-Dame des Lumières, au diocèse d'Avignon; Notre-Dame de la Garde, au diocèse de Marseille. L'évêque de Laval a mis entre les mains des pères oblats le sort du pèlerinage du Pontmain. Comme lanceurs de la simili-Salette de Saint-Andelain, au diocèse de Nevers, nous avons déjà vu les pères oblats promettre à ceux qui les aideraient, ne fût-ce

que cTun franc, dans « l'achèvement de leur belle église », des messes et des images, sans compter les faveurs assurées de la Vierge :

« Elle comblera de ses faveurs toutes les personnes qui voudront bien nous venir en aide '. »

Gomme restaurateurs du tombeau de saint Martin, à Tours, on peut entendre les mêmes pères oblats s'écrier dans leurs prospectus :

« Nous conjurons les rédacteurs des Semaines religieuses, des journaux catholiques, les membres des comités de pèlerinages, de donner la plus grande publicité aux conditions que les chemins de fer ont bien voulu nous accorder -. »

Devant ces manières un peu tapageuses de réchauffer la foi; quand Mgr Guérin, parlant des missionnaires de Bétharram, «établis » depuis i85'z à Notre- Dame de Sarrance, constate avec plaisir qu'ils relèvent la gloire de ce pèlerinage et en assurent le succès*, on veut bien croire qu'il ne s'agit que d'oeuvres pies, mais on ne peut se défendre de chercher quels autres termes on emploierait s'il s'agissait d'affaires.

i. Le Pèlerin, i" année, p. 579.

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