Prospectus in-40. Rennes, inip. Hamon
sur les reliques de la bienheureuse Alacoque, préférezvous des livres, des médaillons, des cantiques, voire même des billets de loterie, M. le curé de Digoin vous offrira tout cela et bien autre chose encore. Dans un prospectus où il demande a à butiner de nouvelles ressources auprès des bons cœurs, comme la patiente abeille butine son miel auprès des fleurs » :
« Pouvez -vous, demande aux vrais amis de la patrie l'inventeur de Notre-Dame de la Providence, ne pas désirer : — ou bien d'enrichir votre bibliothèque d'un beau et bon livre, la vie de la bienheureuse Marguerite-Marie, apôtre privilégiée et choisie de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus; — ou bien de décorer un de vos appartements d'une belle et artistique lithographie, vrai tableau de famille dans un foyer chrétien, la lithographie de Notre-Dame de la Providence ; — ou bien de vous procurer , soit pour vous-mêmes, soit pour cadeaux, des objets religieux, tels que médailles, médaillons, etc. , de Notre-Dame de la Providence, pieux objets que le vrai chrétien aime à sentir battre sur sa poitrine; — ou bien de courir, soit par récréation, soit par charité, soit même par intérêt, les chances d'une loterie remarquable par le nombre et la variété de ses lots , loterie autorisée dont le premier tirage a été accueilli partout avec faveur; — ou bien enfin de posséder, pour le chanter ou pour le propager, un chant magnifique déjà goûté en beaucoup de lieux ? »
Les chances mêmes d'une loterie n'auraient-elles
des Pèlerinages 99
rien de séduisant pour vous, M. le curé ne vous lâche pas :
« Mais, si aucune de mes offres ne vous est agréable, ne vous plairait-il pas, 'du moins, de me donner une obole, ce sou que l'on ne refuse à personne ? Le Lazare de l'Évangile se serait contenté des miettes qui tombaient d'une table. Oh! que, volontiers, je me contenterais des miettes de vos aumômes : 5o, 80 centimes, 1 ou 2 francs , voilà tout ce qu'il faut pour me venir efficacement en aide. Quelques centimes qui ne seront pour vous qu'une privation peut-être légère, seront pour moi un trésor. Les grains de sable ne formentils pas les montagnes , et les gouttes d'eau, réunies une à une, les rivières et les fleuves ? »
Je serais tenté de m'arrêter sur ces dernières lignes si caractéristiques; mais comment ne pas ajouter que, même si vous lui refusez 5o centimes, M. le curé ne se tient pas pour battu. Vous avez bien des vieux journaux , des vieux cartons , des vieilles cartes de visite, des brochures sans valeur, des livres usés, des timbres maculés de toute couleur , de toute date et de toute nationalité. Il ne vous demande pas de lui abandonner autre chose. Et ce n'est pas même vous qui aurez à prendre la peine de les ramasser :
« Puissez-vous me découvrir des personnes dévouées, une pieuse domestique, une enfant de Marie, déjeunes enfants à qui l'on voudrait enseigner l'ordre et la pra-
joo Le Dossier
tique de la charité, et qui me recueilleraient quelques milliers de ces vieux timbres, ou quelques kilogrammes (5o à ioo kilogr. à la fois) de tant d'objets qui semblent de nulle valeur et qui se perdent * ! »
A Brouzet-lez-Alais, on fait vibrer une autre corde.
a Voulez-vous que mille fois par jour votre nom soit béni dans un cercle de 600 kilomètres de diamètre ? »
Tiens, parbleu ! qui ne voudrait que son nom fût béni mille fois par jour dans un pareil cercle ! Et que faut-il pour cela ?
« Ah \ donnez, et donnez largement pour la statue monumentale de Mater-Admirabilis du Bouquet. Ne craigne^ pas de vous imposer quelques privations : au contraire; faites un petit trésor à votre mère2. »
Et, rappelant que l'œuvre a commencé avec des gros sous, le prospectus fait savoir qu'on peut adresser à M. le curé des billets de banque. Mais saurait-on trop payer la satisfaction d'être béni mille fois par jour sur une étendue circulaire de 600 kilomètres de diamètre!
Evidemment la corde qu'on a voulu faire vibrer ici