Prospectus in-40. Paris, impr. M. Carion
fidèles à apporter chacun sa pierre pour la reconstruction de son église. Et il ne s'agit pas ici d'une pierre métaphorique, mais d'un véritable cube de calcaire :
« i° Les familles, établissements ou particuliers qui donneront une pierre ( chaque pierre, d'après l'estimation d'un habile architecte, reviendra à vingt francs), seront inscrits sur le registre des donateurs.
y> 2° Les paroisses, particuliers, associations qui feront un don de i oo francs, auront le titre de bienfaiteurs et leurs noms seront inscrits sur un tableau de marbre, placé à l'intérieur de l'église.
» 3° Les paroisses, particuliers, associations qui donneront un pilier ou une partie de construction équivalente, auront le titre de fondateurs, et leurs noms seront inscrits sur la partie de l'édifice donnée et sur le tableau de marbre *. »
Je ne connais de plus attrayant, pour un personnage dont l'importance n'est pas à la hauteur de ses désirs, que le prospectus de l' Auxiliaire des églises -, où l'on peut lire:
i. Prospectus, in-8°, Saint-Denis, impr. Lambert.
2. L'Auxiliaire des églises est une société anonyme fondée par actions à Toulouse, il y a quelques années, au capital de huit millions « dans un but tout à la fois religieux et commercial », dit son prospectus. L'œuvre était religieuse en ce qu'elle devait faciliter aux églises, par l'extrême bon marché, l'acquisition des objets nécessaires au culte; commerciale, en ce qu'elle ne comptait pas moins faire prospérer grassement l'argent de ses actionnaires. En dehors d'un intérêt de 6 o/o servi aux por-
des Pèlerinages io5
« Les personnes pieuses qui en prendront ( des actions) pour 5,ooo francs, jouiront en outre: i° du titre de bienfaitrices de l'œuvre; 2° leur nom figurera en tête des affiches et des prospectus parmi ceux des bienfaiteurs et bienfaitrices de l'œuvre; 3° dans .les réunions générales des places particulières leur seront réservées immédiatement après celle des fondateurs de la société.
i Celles qui en prendront pour 10,000 francs et au-
teurs d'actions, le surplus des bénéfices devait être ainsi réparti :' io o/o en bonnes œuvres, io o/o à la direction, io o/o à chacun des quatre principaux fondateurs, 40 0/0 aux acriontionnaires.
« Réfléchissant naguère, disaient les fondateurs, sur la véritable cause des malheurs que la Providence venait de nous infliger, nous avons été maintes fois douloureusement émus en voyant qu'alors que l'on s'empressait partout en France, avec le plus louable dévouement, à ouvrir des souscriptions pour délivrer notre malheureuse patrie de l'ennemi du dehors, personne ne songeait et ne songe encore à la délivrer de l'ennemi du dedans, ennemi d'autant plus dangereux qu'il est invisible. »
On voit que l'œuvre devait avoir son petit côté politique. Cette préoccupation se trahit par l'idée assez singulière d'avoir mis à sa tête, tandis que quelques abbés prennent le titre modeste de coadjuteurs, une réunion d'officiers supérieurs dont quelques-uns, se trouvant encore en activité de service, sont désignés sur le prospectus par de prudentes étoiles.
« Pour suppléer, nous dit-on, à l'incompétence de ces messieurs en matière commerciale, nous avons eu soin de placer à côté d'eux, sous les ordres delà direction, un homme d'une intelligence supérieure et d'une loyauté bien connue, spécialement chargé de cette partie, et dont l'expérience sera pour nous une garantie certaine de succès. »
Nous ignorons ce que cette œuvre clcrico-militaiie est devenue.
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dessus, jouiront, en outre des mentionnés : i° de la faculté de faire exécuter pour leur paroisse et aux frais de la société, un tableau de grande dimension, pour chaque dix actions souscrites en sus de 5,ooo francs; 2° elles auront également le droit de faire faire, aux frais de la société, une mission dans leur paroisse à la demande de M. le Curé ; 3° leur -portrait peint à Vhuile, et de grandeur naturelle, sera placé dans la grande salle des réunions ! ».
Que peut-on offrir de plus réussi que ce portrait « peint à l'huile » et « de grandeur naturelle » aux petites vanités en mal d'éclosion, à moins d'y ajouter encore un ruban à la boutonnière? Il est vrai que dix mille francs sont une somme.
Le petit appel à l'amour-propre n'a pas été négligé par Mgrl'évêque de Tarbes lorsqu'il a convié le public à élever un temple à Notre-Dame de Lourdes. Les souscripteurs de 20 francs « et au-dessus » allaient acquérir le titre de bienfaiteurs principaux, les souscripteurs de 5oo francs « et au-dessus » celui de fondateurs du sanctuaire de la grotte de Lourdes. Les noms des uns et des autres devaient être précieusement conservés sur le registre et dans le fameux cœur de vermeil. Des messes aussi leur étaient promises: une par semaine à perpétuité. Mais ce qui ressortait de plus piquant du programme épiscopal, était cette adroite insinuation :