‹ Le dossier des pèlerinages, suitè de L'arsenal de la dévotionChapitre 30 sur 117 · Le Monde. Septembre · texte numérisé non relu

Le Monde. Septembre

le curé de Lourdes % imagine maintenant de solliciter la générosité des fidèles en faveur de la vieille église de Lourdes. Il pourrait donner tout bonnement comme raison que l'éclat du nouveau temple fait honte à la vétusté de l'ancien ; mais il a trouvé un bien meilleur motif d'embellir l'église paroissiale:

«En prenant le nom, dit-il, non-pas de Notre- Dame de la Grotte, mais bien de Notre-Dame de Lourdes, la Vierge divine a marqué sa volonté d'avoir aussi à Lourdes même un temple digne d'Elle. »

En prenant le nom est un chef-d'œuvre !

a Pour exécuter cette volonté, poursuit avec sérénité Monseigneur, je vais donc mettre encore une fois la main à l'œuvre. »

Et, fournissant aux souscripteurs l'occasion de faire • un placement exceptionnel :

« Les offrandes qu'elle recevra, Marie les rendra au

centuple. »

Dans le même ordre d'idées, la phrase suivante est caractéristique :

« Quiconque a une grâce à demandera Notre-Dame

i. La dignité de protonotaire apostolique, à laquelle il a été promu par le Saint-Siège, lui confère le titre de monseigneur.

des Pèlerinages 1 09

de Lourdes voudra apporter une pierre à ce monu-

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Ne pourrait-on conclure de là, que la Vierge de Lourdes fait marché de ses faveurs ? Quant à sainte Anne d'Auray, il ne saurait, semble-t-il, y avoir doute sur ce point, après la lecture du prospectus, revêtu de l'approbation de l'évêque de Vannes, où on lit :

« Tous les jours, des grâces extraordinaires sont obtenues, dans ce sanctuaire vénéré, par la puissante intercession de sainte Anne... Vous pourrez donc, monsieur, en faisant votre offrande, demander avec conjiance à l'auguste Mère de la très sainie Vierge, que l'on n'invoque jamais en vain, quelque grâce particulière : une conversion, la santé ou la réussite d'une arïairc 8. »

Ce ne sont plus seulement des messes, ce sont bel et bien des miracles qui sont offerts ici en prime aux souscripteurs.

Je remarque, d'ailleurs, dans toutes les petites publications destinées à faire mousser tel ou tel sanctuaire de choix, une tendance singulière à mettre en relief la vénalité des saints. Par l'intermédiaire de la même sainte Anne d'Auray. un paysan obtient la guérison de son enfant des qu'il lui a promis le prix du meilleur

. Le Pèlerin, 3e anrec, p, 79.

;. Prospectus in-8". Impr. Pr l'homme.

i i o Le Dossier

de ses bœufs, 225 francs '. L'Almanach du Surnaturel nous montre2 une malade débarrassée de la paralysie dont elle souffrait, au moment où elle passe au cou d'une statue de la Vierge ia chaîne qu'elle lui avait promise.

« Florence, poussée par une main invisible, fait un léger effort, se lève, s'approche de la statue, prend la chaîne et la lui met au cou. En même temps, elle tombe à genoux, et, au milieu des larmes, des sanglots, on l'entend remercier avec effusion Notre-Dame du Sacré-Cœur : elle était complètement guérie. »

C'est encore dans YAlmanach du Surnaturel qu'on trouve cette relation d'un miracle opéré à Notre-Dame du Chêne :

« Au moment où elle se penchait pour déposer son obole dans le tronc, elle se sentit subitement guérie. Plus de tumeur ! etc. 3. »

Miracle dont l'analogue figure à l'actif du Pontmain :

« Une jeune enfant de Quelaines, attaquée d'un tremblement nerveux, est venue avec sa mère au Pontmain. Celle-ci prié avec sa h lie au pied de la colonne

i. Les Merveilles de Sainte- Anne d'Auray, p. 83. 5, p. i-2 3

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