‹ Le dossier des pèlerinages, suitè de L'arsenal de la dévotionChapitre 72 sur 117 · Abrégé de la vie et des miracles de saint Druon, p · texte numérisé non relu

Abrégé de la vie et des miracles de saint Druon, p

richesses tentèrent la cupidité d'Aldeger, évêque de Limoges, à la fin du xe siècle ; il les enleva sans éprouver de résistance et mourut peu après. La peste éclata alors à Limoges et fit une multitude de victimes, ainsi que nous l'avons déjà rapporté. On attribua ce fléau à un châtiment du ciel *. »

La justice divine continue de faire des siennes. Un évêque ayant volé cette fois les trésors du saint, des multitudes de victimes expient dans une mort atroce le crime du prélat. Voilà ce qui se raconte encore tranquillement pour l'édification des fidèles. On se demande en vérité de quelle autre façon les dévots pourraient s'y prendre s'ils voulaient rendre leur Dieu exécrable.

Ce Dieu rageur eût bien dû prendre exemple sur sainte Angèle de Merici. Quoique froissée dans son amour-propre aussi vivement qu'on peut l'être par le propos d'un jeune imprudent, la fondatrice des Ursulines se contenta, du fond de la tombe, de lui administrer au passage, deux renfoncements :

« Un jeune étranger, lisant ces louanges (les louanges inscrites sur la tombe de la sainte), s'avisa de dire tout bas à l'ecclésiastique qui l'accompagnait : « Voilà de » pompeux éloges ; croyez-vous que tout cela soit vé- » ritable ?» A peine a-t-il laissé échapper ces paroles imprudentes qu'un bruit effroyable sort du tombeau :

i. Petits Bollandistes, t. VII, p. bij.

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ce jeune homme reçut, dit-on, deux coups très sen-

si

blés

Vli ! vlan ! n'était-ce pas assez, puisque cette verte admonition décida la conversion du jeune étranger?

Au nombre des reliques méritent de figurer toutes ces statues ou ces images miraculeuses données pour de véritables talismans par les sanctuaires qui les possèdent : bonnes vierges dont l'origine se perd dans la nuit des temps, peintes d'après nature ou sculptées par le ciseau des anges; statues qui transpirent, Christs qui saignent, Notre-Dame qui pleurent et qui remuent les yeux. Il y a là tout un personnel vermoulu dont les beaux jours sont loin d'être terminés. Chacune de ces images a sa petite histoire, plus stupéfiante à elle seule que tous les miracles dont on la gratifie dans la longue suite des temps écoulés.

La statue de Notre-Dame-de-Boulogne passe pour être arrivée seule dans une barque sans voile ni rameurs; celle de Notre-Dame-des-Miracles, de Saint- Maur, s'est trouvée toute taillée au moment où le sculpteur s'apprêtait à la travailler. Les sœurs du Carmel, à Beaune, offrent à la vénération des fidèles une statue de l'Enfant-Jésus qui passe pour avoir tenu autrefois des conversations suivies avec l'une d'entre elles .

« Cette statue de bois, admirablement sculptée, a

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