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permanent pour le régime dont les amis d'un traître sont les représentants et les seuls soutiens.
Ce danger serait encore considérablement aggravé, si le pays avait connaissance de la nature des moyens qui ont été mis en œuvre pour arriver à le mystifier. Il sait bien, confusément, qu'on a eu recours au mensonge, à l'imposture sous toutes ses formes ; mais, à part la falsification éhontée de l'article 445 du Code d'instruction criminelle exécutée par l'indigne Ballot-Beaupré et approuvée par les misérables magistrats qui se sont faits les complices de leur Premier Président, le pays ne sait rien de précis, ilest hors d'état d'apprécier le caractère des méfaits commis, il n'en connaît pas nominativement les auteurs.
Qu'arriverait-il le jour où les Français apprendraient, par exemple, qu'ils ont été littéralement vendus à l'étranger, en échange du concours apporté par celui-ci à l'œuvre de la réhabilitatio?i de Dreyfus?... Quelle ne serait pas leur indignation, en se sachant entourés d'espions qui opèrent en toute tranquillité, au vu et au su du gouvernement !
Aussi, tous les efforts des protecteurs du régime tendent à rendre impossible, ou tout au moins inefficace, la divulgation des méfaits 2)erpétrés pour la réhabilitation de Dreyfus. On étouffe les révélations qui se produisent quelquefois; on s'oppose habilement à leur diffusion; on organise autour d'elles le silence.
C'est à cette tactique du silence qu'auront en-
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cm^e recours^ sans doute, les criminels dont je dévoile une fois déplue les agissements.
Réussiront-ils à maintenir une infranchissable barrière entre cette brochure et Vopinion ?
Un prochain avenir nous le dira.
Paris, mars 1911.
Commandant Cuignet.
Grande fut ma stupéfaction quand, dans la soirée du 14 février dernier (1911) m'étant procuré le numéro du Matin de ce jour pour lire la suite des « Papiers persormels de WaU deck-Eousseau », j'y trouvai ce passage d'une lettre écrite par le général de Galliffet à « soii cher Président et ami », à l'occasion d'un incident qui venait de se produire au procès Dreyfus devant le Conseil de guerre de Rennes :
Je renonce au dîner Brugère, parce que Culgnet arrive vers six heures et demie, envoyé par le président du Conseil de guerre, pour chercher \vi'\-Ta(^m.Q des lettres qui auraient été subtilisées {rassurez-vous, c'est avant nous). Je tiens à m'assurer que les recherches seront faites dans des conditions rassurantes et à faire signer les constatât ion s par Cuignet. Le dos-
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sier, sHl est retrouvé, sera porté à Rennes par Vun des officiers de mon cabinet qui partira ce soir, en 7>ième temps que Cuignet. Je ne serai libre que vers neuf heuî^es et demie à dix heures. Donc, à demain matin.
Par quel miracle d'imprudence et de légèreté ou par quel étrange défi un journal comme le Matin osait-il réveiller le souvenir de l'un des incidents de l'affaire Dreyfus qui établissent le mieux, sans contestation ni hésitation possibles, d'une part l'indignité des moyens mis en œuvre par la Cour de cassation pour annuler la première condamnation du traître, et de l'autre, les efforts désespérés tentés par le ministère Waldeck pour surprendre la religion des juges de Rennes et obtenir un acquittement? Que le Matin me permette de le lui dire : il a commis la i(gaffev), la grande « gaffe », que l'invisible chef d'orchestre dont parle Liebknecht, et qui tient sous sa férule les maîtres apparents de l'heure présente, aura peut-être quelque peine à lui pardonner.
Quoi qu'il en soit, et puisque le Matin, en publiant la lettre du général de Galliffet, apprend au pays que des papiers auraient été « subtilisés » et soustraits à l'examen du Conseil de guerre de Rennes, je m'empresse de déclarer que le fait visé par l'ancien ministre de la Guerre est exact. Je vais dire en même temps ce que contenaient ces papiers.
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pourquoi ils avaient été a subtilisés», et quels furent les incidents véritablement extraordinaires auxquels donnèrent lieu leur recherche et leur remise au Conseil de guerre.
Il me faut, à cet effet, remonter à quelques mois avant l'ouverture des débats de Rennes, jusqu'au début de l'enquête ouverte par la Cour de cassation sur la première demande en revision Dreyfus.