INTRODUCTION
Parmi les nombreux moyens proposés pour le traitement du strabisme, les procédés opératoires ont toujours tenu une grande place. de
Nous ne parlerons ici que du traitement chirurgical du strabisme, tout en faisant remarquer que la chirurgie, à elle seule, ne peut généralement pas guérir un strabique, ou du moins ne peut que lui corriger son strabisme apparent, sans intervenir sur les fonctions d'association visuelle des deux yeux.
Pour de Wecker, il existait deux sortes de strabiques.
Les guérissables : c’est-à-dire ceux auquels on peut donner la vision binoculaire.
Les corrigeables : c’est-à-dire ceux dont on supprime
seulement le strabisme apparent.
Cette assertion est toujours vraie. Mais il faut se rappeler que les strabiques véritablement guérissables sont rares, tandis queles corrigeables sont les plus fréquents, et que les malades sont toujours satisfaits, du moment quel’opération leur a donné une bonne correction esthétique.
Les opérés de cataracte sont rarement contents, tandis que les opérés de strabisme le sont presque toujours, d’après de Wecker. Du moins sur le moment.
Mais, si pour le malade, le désideratum est la correction esthétique, pour l’ophtalmologiste, le désidératum est, non pas la correction seule, apparente du sirabisme, mais la guérison vraie, c’est-à-dire la vision binoculaire : vision binoculaire que le malade n’a pas vue, qui nelui manque pas ei qu'il n'a, par conséquent, pas le désir d’avoir.
Or, de toutes les opérations ‘chirurgicales, celle qui procède par avancement paraît être la plus rationnelle, puisque, ne risquant pas de créer une insuffisance musculaire excessive, comme c’est souvent le cas pour la tenotomie. Et, comme le strabisme est de nature binoculaire, tout avancement pour être suffisant, doit agir sur les deux yeux.
Ainsi que l’a fort bien dit Panas, à un déséquilibre bilatéral, il convient d'appliquer une action correctrice éga-
lement bilatérale.