‹ Le double veuvage, comédieChapitre 11 sur 252 · LA COMTESSE, LA SUIVANTE, L'A SUISSESSE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LA SUIVANTE, L'A SUISSESSE

LA SUISSESSE

Réjouissez-vous, madame, mon mari vient d'arriver des eaux.

LA COMTESSE

J'en suis ravie ; il va nous apprendre si mon intendant est mort ou en vie : ne te l'a-t-il point déjà dit ?

LA SUISSESSE

Mon mari ne me dit jamais ses secrets, il a raison, car je suis trop babillarde , et je n'aime point non plus qu'il me conte rien , car il est si lendore ; il a la parole si longue , si longue , que j'aurois plutôt écouté cent douceurs d'un autre, qu il ne m'en auroit dit une.

LA COMTESSE

Que ne paroît-il donc ?

LA SUISSESSE

Madame , pour paroître devant vous en courier poli , il est allé se friser , se poudrer.

LA SUIVANTE

Il se fardera aussi ; car il étoit allé aux eaux pour séçlaircir le teint.

i6 LE DOUBDE VEUVAGE.

LA SUISSESSE

Ne vous moquez point de lui , madame , il étoit allé aux eau\ pour se bien porter , et pour me plaire ; car , comme il m'aime beaucoup , j aime sa ganté.

LA COMTESSE

Je suis ravie de vous voir de bonne humeur.

LA SUISSESSE

J'y suis , parce que mon mari est revenu , et aussi parce que vous avez commandé à ^otre officier de nous faire boire tous à discrétion ; les femmes de mon pays sont nées pour le vin , comme les Françoises pour l'amour; chacune a son usage, et souvent l'un n'empêche pas l'autre.

LA SUIVANTE

Voici votre Suisse , mad me. Il va vous faire un beau discours ; car il a de l'érudition , votre Suisse.

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