‹ Le double veuvage, comédieChapitre 166 sur 252 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LA BARONNE, LISETTE

LISETTE

Ce garçon-là est un garçon de mérite , madame.

LA BARONNE

Il me paroît que vous n'en manquez pas , vous, Lisette.

LISETTE

Il a beaucoup de savoir-faire.

LA BARONNE

Je ne vous crois pas moins habile.

LISETTE

Je serois bien heureuse , madame , si mes petits talents pouvoient vous être utiles.

Je suis contente de vou3.., Mais j'ai un avis à vous donner; je ne veux pas qu'on me flatte.

LISETTE

Je suis ennemie de la flatterie.

LA BARONNE

Surtout , quand je vous consulterai sur des choses qui me regarderont , soyez sincère.

LISETTE

Je n'y manquerai pas.

LA BARONNE

Je vous trouve pourtant trop de complaisance.

2i6 TURCARET.

LISETTE

A moi , madame %

LA BAROSH.

Oui ; vous ne combattez pas assez les sentiments que j'ai poux- le chevalier.

LISETTE

Eh! pourquoi les combattre? ils sont si raisonnables !

LA BAIIONNF.

J'avoue que le chevalier nie paroît digne de toute ma tendresse.

J'en fais le même jugement

LA BARONNE

Il a pour moi une passion véritable et constante.

LISETTE

On chevalier fidèle et sincère; on n'en voit guère comme cela.

LA BARONNE

Aujourd'hui m Orne encore il m'a sacrifié une comtesse.

LISETTE

Une comtesse ?

LA BARONNE

Elle n'est pas, à la vérité, dans la première jeunesse.

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