‹ Le double veuvage, comédieChapitre 217 sur 252 · LE M AU QUI S · texte numérisé non relu

LE M AU QUI S

Bon ! bon ! il a de l'argent de reste pour se tirer 'd'affaires.

J'en doute. On dit qu'il a follement dissipé des biens immenses... mais ce n'est pas ce qui m'embarrasse à présent : ce qui m'afflige , c'est que j étois chez lui quand ses associés y sont venus mettre garnison.

LE CHEVALIER

Eh bien?

29a TURCARET.

FHOSTIS.

Eh bien ! monsieur , ils m'ont aussi arrêté et fouillé , pour voir si par hasard je ne serois point chargé de quelque papier qui pût tourner au profit des créanciers. . . ( Montrant la baronne. ) Ils se sont saisis , à telle fin que de raison , du billet de madame , que vous m'avez confié tantôt.'

LE CHEVALIER

Qu'entends-je ? juste ciel !

Ils m'en ont pris encore un autre de dix mille francs , que M. Turcaret avoit donné pour l'acte solidaire, et que M. Furet venoit de me remettre entre les mains.

LE CHEVALIER

Eh pourquoi , maraud! n'as-tu pas dit que tu étois à moi?

FR O NT IN

Oh! vraiment, monsieur, je n'y ai pas manqué. J'ai dit que j'appartenois à un chevalier; mais, quand ils ont vu les billets, ils n'ont pas voulu me croire.

Je ne me possède plus ; je suis au désespoir!

LA BARONNE

Et moi , j'ouvre les yeux. Vous m'avez dit que vous aviez chez vous l'argent de mon bi'let. Je vois par-là que mon brillant n'a point été mis en gage; et je sais ce que je dois penser du beau récit que Frontin m'a fait de votre fureur d'hier au soir.

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