‹ Le double veuvage, comédieChapitre 225 sur 252 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

FROSTIN.

Que voulez-vous davantage ? Voilà votre épreuve faite.

VA LE RE

Mon amour ne peut encore la condamner toutà-fait ; elle aime le jeu passionnément. Elle venoit peut-être de faire quelque perte considérable dans le temps que je lui ai fait tenir cette agrafe.

Il est vrai que les joueurs qui perdent sont comme les gens qui se noient, ils saisissent dans le moment tout ce qu'on leur présente.

VAL ÈRE

Voilà où j'en suis ; c'est à toi d'achever. F r o n x i ■ .

En ce cas , je jouerai Lien mon rôle. Me voila donc à la place de mon ancien maître le financier. Cela arrive assez souvent dans> ce métier-là.

VA LE RE

Elle n'aura pas manqué de s'informer de M. Patin. Ainsi, songe à le bien copier , et à remplir l'idée qu'on pourra lui en avoir donnée.

FROSTIN.

Pour la taille d'abord, elle est assez semblable. Je changerai seulement mon esprit fin et délicat en des manières brusques et grossières : je parlerai de tout à tort et à travers , et je ne laisserai pas , sous cette naïveté affectée , de me rendre agréable à Philaminte.

3o4 L'ÉPREUVE RECIPROQUE.

VA LERE.

Fort bien.

Mais , monsieur , pour faire le financier , il' faut avoir de l'argent; je n'ai pas le sou.

VALÈ RE.

Tiens , yoilà ma bourse. Comme tu ne jouera.'? ce personnage qu'un moment, ce qui est dedans te suffira pour bien faire les choses : songe seulement à répandre l'argent à propos.

FIIOST1N.

Laissez-moi fahc Commençons par payer grassement celui qui va contrefaire le financier. valère.

Comment?

frontin, 5e donnant de l'argent à lui-même.

Tenez , monsieur Frontin , voilà ce que je vous donne... Ah! monsieur, je ne le prendrai point... Si vous ne le prenez point , je le garderai.

Ne badine pas ; quelqu'un vient : c'est madame de Falignac ; elle sait mon secret..

Ne jasera-t-elle point?

VALÈRE

Elle est de mes amies.

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