SCÈNE IV. 3o
MADAME DE FALIGNAC.
Cela est assez risible , mais je crois que vou« n'en riez que du bout des dents.
PHILAMTNTE.
Point , j'en ris tout de bon ; nos amours étoient trop tristes , je me lassois de ce que Yalère ne me dounoit aucun sujet de jalousie , et encore plus de rester si long-temps sans m'attirer des reproches de sa part. Depuis que nous nous aimons , nous n'avons presque point été brouillés. Cela est ennuyant, au moins.
MADAME DE FALIG5ÀC.
Beaucoup.
PHILAMINTE
Enfin son infidélité m'a déterminée à répondre au billet doux d'un financier qui m'a envoyé cette agrafe. Comme il se propose pour mari , je n'ai point tant cherché de façons. S'il s'étoit proposé pour amant, cela auroit mérité attention; j'ai accepté son rendez-vous , et c'est chez vous , ma chère1 bonne.
MADAME DE FAtlGNAC.
Il faut que je sois bien bonne en effet pour souffrir tout cela.
PHILAMINTE
Oh ! je ne connois point de meilleure femme que vous.
MADAME DE FALIGNAC, à part.
Ne disons rien , cette épreuve réciproque nous va donner la comédie en notre petit particulier.
3io L'ÉPREUVE RECIPROQUE.
ÎHILAMISTE.
Que dites-vous ?
MADAME DE FALIGNAC.
Rien, je songe à tous ces rendez-vous; je trouve cela plaisant à mon toui\
PHILAMINTE
Gardez- moi le secret.
MADAME DE FALIGNAC.
•All'-z , allez, j'ai d'autres secrets que le vôtre à garder, et je suis plus discrète que vous ne pensez.' Après tout , quel est votre dessein ?
PHHAMOTE.
J'attends Valère aux genoux de la fausse comtesse, pour lui dire que ce n'est que la femme dd chambre d'une de mes amies.
MADAME DE FALIGNAC.
Il sera au désespoir.
PHILAMINTE
Et sur-le-champ j'épouse le financier.
MADAME DE FALIGNAC.
Mais le connoissez-vous assez ?. . ..
PHILAMINTE
Je m'en suis informée. On dit que ce n'est pas un homme fort Lien fait , mais une agrafe de ce prix (lui faisant voir t'agrafe) m'a d'abord prévenue en sa faveur. Il m'a vue plusieurs fois , à ce que marque son billet ', il est charmé de moi, toute sa caisse est à mon service. Que je m'en vais dépenser d'argent! que je m'en vais jouer!