SCÈNE VI. , 3i
SCÈXE VI.
PHILAMINTE, MADAME DE FALIGNAC, LfSETTE; CRIQUET, en page.
LISETTE
Eh Lien, Criquet?
CRIQUET
Eh bien ! mademoiselle Lisette , je viens de rai» sonner avec ce monsieur ; savez-vous qu'il ne manque pas d'esprit?
LISETTE
Tu trouves cela?!
CRIQUET
Il n'en manque morbleu pas; mais j'en ai plus que lui.
Comment?
CRIQUET
Il m'a voulu tirer les vers du nez, m?.is je lui ai donné son reste comme il faut. Il n'y a pas ventrebleu de page de cour plus effronté que mci quand je m'y mets.
LISETTE
Que t'a-t-il demandé encore ?
CRI QUET
Mon gentilhomme, y a-t-il long-temps que vous êtes auprès de cette belle dame?... Depui» qu'elle est arrivée de Bretagne pour se marier à Paris.
Théâtre. Comédies, y 2n
3iî L'ÉPREUVE RÉCIPROQUE.
LISETTE
Bon.
CRIQUET
Sait-ou qui elle va épouser?... Non, mais elle dit tous les jours à son oncle le commandeur, en querellant avec lui , que, puisqu'il l'a une fois mariée à sa fantaisie, elle veut à l'avenir se marier toujours à la sienne ; que pour son bien , elle prétend choisir, et qu'elle a déjà en main le plus joli homme de France , dont elle veut faire la fortune.
LISETTE
Fort bien.
CRIQUET
Il vouloit m'en demander davantage ; mai* zeste, je me suis adroitement débarrassé de lui.
LISETTE
Cela ne va pas mal.
CUIQU ET.
Il vient de ce côté , je vous en avertis.
MADAME DE FALIGNAC.
Passons dans ce cabinet, nous verrons tout son manège.
LISETTE
Moi , je l'attends ici de pied ferme.