‹ Le double veuvage, comédieChapitre 89 sur 252 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Et dès ce soir il épouse ma maîtresse.

VALERE

Juste ciel !

LISETTE

Si , du moins, après son mariage elle demeuroit à Paris ; passe encore : vous pourriez quelquefois tous deux pleurer vos déplaisirs ; mais , pour comble de chagrin , il faudra que vous pleuriez séparaent.

VALÈRE

J'en mourrai..'. Mais, Lisette, qui est donc cet heureux rival qui m'enlève ce que j'ai de plus cher au monde ?

LISETTE

On le nomme Damis„

VALÈRE

Damis?

LISETTE

C'est un homme de Chartres.

VALÈRE

Je connois tout ce pays-la, et je ne sache point qu'il y ait un autre Damis que le fils de M. Orgon.

LISETTE

Justement; c'est le fils de M. Orgon qui est votre rival.

Ah ! si nous n'avons que ce Damis à craindre , nous devons nous rassurer.

ANGÉLIQUE

Que dites-vous, Valère?

VALÈRE

Cessons de nous affliger, charmante Angélique; Damis , depuis huit jours , s'est marié à Chartres.

LISETTE

Bon !

Angélique, à Valère.

Vous vous moquez, Valère ? Damis est ici , qui s'apprête à recevoir ma main.

lisette, à Valère.

II est en ce moment au logis avec M. et madame Oronte.

VAlOE.

Damis est de mes amis; et il n'y a pas huit jours qu'il m'a écrit J'ai sa lettre chez moi.

AN GEL I QUE

Que vous mande-t-il ?

VALÈRE

Qu'il s'est maiié secrètement à Chartres , avec une fille de condition

LISETTE

Marié secrètement? Oh! oh! approfondissons un peu cette affaire. Il me paroît qu'elle en vaut bien la peine .... Allez , monsieur , allez quérir cette lettre, et ne perdez point de temps.

VALÈRE

Dans un moment je suis de retour.

{IL s'en va.)

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