‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 50 sur 90 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ESTHER, MISS VANHOMRIGH.

MISS VANHOMRIGH.

Il m’aime ! Je sens mon cœur qui déborde. (Apercevant Esther et devenant rêveuse.) Miss Johnson! .. Elle est belle!

LK DOYKN DK SAINT-PATRICK

ESTHER

Kncorc cette femme! (Elle veut se retirer.)

MISS VANHOMRIGH.

Vous me fuyez? Un mot, mademoiselle.

ESTHER

Je croyais trouver ici mon tuteur... et...

Il est sorti... pour empêcher sans doute celte rencontre... dont-je suis heureuse.

ESTHER, s’arrêtant.

Ah!

MISS VANHOMRIGH.

Vous n'aurez plus longtemps à souffrir de ma présence... Je pars... Je retourne à Londres... J’y retourne seule I... (Stella descend.) Et pourtant !... Ce départ qui vous ravit, à votre place, moi, je voudrais l'empêcher !

ESTHER

Madame !

MISS VANHOMRIGH.

La feinte est inutile entre nous, mademoiselle, vous aimez le docteur Swift!...

ESTHER, avec simplicité.

C’est vrai !

MISS VANHOMRIGH.

Vous croyez l’aimer... Et vous ne voyez pas qu’en le retenant dans ce pays, vous vous faites l’ennemie de son repos, de sa gloire, de son bonheur !

ESTHER

Moi!

MISS VANHOMRIGH.

Oui, vous, que la reconnaissance abuse, et qui tuez en lui l’homme de génie, pour garder près de vous le tuteur!

Moi ! moi !

' MISS VANHOMRIGH.

Ah ! si vous aviez dans l'âme un peu de cette admiration profonde que je ressens pour une des gloires de l’Angleterre, vous comprendriez que cette vie obscure, en Irlande, n’est pas digne de lui.

ESTHER

Mais, cette retraite, c’est lui qui l’a choisie.

ACTK III fil

MISS VAKHOMRIGH.

Par dépi!, d'abord, par résignation, par dévouement pour vous, ensuite.

ESTHER

Comment! il se sacrifief

MISS VAKHOMRIGH.

Vous voyez bien que vous ne le comprendrez jamais, puisque vous n’avez pas deviné son héroïsme.

ESTIIER.

Je croyais avoir deviné la fatigue, l’amertume qu’il apportait de Londres... Je croyais qu’il voulait se reposer des admiralions égoïstes du monde.

MISS VAKHOMRIGH.

Osez donc lui demander s’il ne les regrette pas, ces admirations?

Il se souvient de ce qu’elles lui ont coûté !

MISS VANHOMRIGH.

Vous calomniez sa gloire.

ESTHER

Je cherche à pénétrer son cœur... C’est bien librement qu’il est revenu ; il a dit adieu à ceg intrigues, à ces fausses amitiés, à ces vanités de Londres.

MISS VANHOMRIGH.

. Il s’est menlî à lui-même !

ESTHER

Ah ! vous l’admirez, et vous l’accusez de caprice et de mensonges? Non, c’est un homme sincère; sa véritable gloire, ce sont ses livres... Où serait-il mieux pour en écrire de nouveaux ?

MISS VANHOMRIGH, avec ironie.

Des romans champêtres ! "

ESTHER

Des romans où il mettra son âme, et qui seront des chefsd’œuvre! Ici, tout lui rend le travail doux et facile ; sa famille qui l’entoure de respect, ses paroissiens qui l’admirent, la nature qui lui sourit et Dieu qui le bénit pour sa grandeur et pour sa bonté !

MISS VANHOMRIGH.

Voilà ce que vous voulez en faire!... Croyez-vous qu’il se condamnera sans murmure, à déserter ces luîtes qui ont leur

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amertume, sans doute, mais qui ont aussi leurs enivrants triomphes?

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