SCÈNE XVI
Les Mêmes, PATRICK , UN MÉDECIN.
MISTRISS DINGLEY, voyant entrer Patrick et le médecin.
Ah ! sauvez-la, Monsieur !
TISDAL, lui remettant le flacon.
C’est du poison, docteur !
(Le médecin secoue la tête et s’approche de miss Vanhomrigh.) MISS VANHOMRIGH.
Oue me voulez- vous?
LE MÉDECIN
Mes soins vous sont indispensables; madame.
MISS VANHOMRIGH.
Non... non !... Je ne veux pas!... Ce n’est pas un médecin qu’il me faut !
LE MÉDECIN, offrant à miss Vanhomricgh un breuvage.
Permettez -moi de prendre les précautions que votre éta exige.
MISS VANHOMRIGH.
C’est inutile, monsieur ; je ne veux pas !
LE MÉDECIN
Mon devoir m’oblige..;
LE DOYEN DE SAINT-PATRICK
MISS VANHOMRIÜH.
Votre devoir! c’qst de soulager ceux qui soulTrenl... Eh bien ! laissez-rnoi mourir.
TISDAL.
Mais c’est un crime, madame ! *
MISS VANHOMRHJH.
Et ce qu’il a fait, lui!... est-ce un crime? Si vous osez l'absoudre, ne me condamnez pas!
LE MÉDECIN
Le temps presse...
TISDAL.
Que faire, mon Dieu ! que faire !
MISS VANHOMRIÜH, à Tisdal.
.Monsieur, vous êtes un ministre de Dieu ! C’est vous que je charge de mes dernières volontés... Mettez-vous là... Vous jurez de m’obéir... vous le jurez !... On trouvera ici, dans ces papiers, des lettres de moi... et, chez moi, des lettres de Swift... Qu’on les réunisse... que le tout. .'soit... imprimé... et-., publié...
Ne songez pas à cela !
MISS VANHOMRIÜH.
Jy songe, au contraire... Ecrivez... Voici mes dernieres volontés... J’entends que tout soit imprimé et publié. M. Swift... vient... d’être nommé... Doyen de Saint- Patrick... n’est-ce... pas?
LE MÉDECIN
Oui, madame.
MISS VANHOMRIÜH, à Tisdal.
Ecrivez!... Ma volonté... formelle... est... d’être... enterrée... à Dublin... dans le cimetière... de Saint-Patrick... en face. . . des fenêtres du presbytère. Je veux avoir un tombeau qui se voie de loin, de très-loin. (Elle tombe sur le canapé.)
LE MÉDECIN, bas à Tisdal.
Elle se meurt !
TISDAL.
Madame, pensez à Dieu !
PATRICK, regardant par la porle.
Le Doyen ! . . .Voici le Doyen 1.