‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 79 sur 90 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ESTUER, MISTRISS DINGLEY, TISDAL-

ESTHER

Bonjour, mon bon docteur... je vous remercie des beaux fruits que vous m’avez envoyés.

TISDAL.

Comment allez-vous aujourd'hui?

ESTHER, lui donnant la main.

Mieux, quand je vous vois.

MISTRISS DINGLEY, bas à Tisdal.

Ainsi, rien de nouveau?

TISDAL, de même.

Rien 1

‘ MISTRISS DINGLEY, elle sonne.

Oh ! c’est pour en mourir. (Patrick paraît.) 1.0 thé...

TISDAL, bas à mistriss Dingley.

Elle est encore plus abattue qu’hier.

MISTRISS DINGLEY, de même.

Il faudrait absolument l’emmener d’ici, docteur 1

TISDAL. de même.

Comment l’y décider ? j’ai déjà mis en avant tant de prétextes et sans succès !... (On apporte le thé... Tandis que mistriss Dingley s’occupe à le faire, Tisdal se rapproche d’Esther. Haut.) N'est-ce pas que les fruits de mon jardin sont bien beaux ? Savez yous pourquoi je vous les ai envoyés?

LE DOYEN DE SAINT-PATRICK KSTHER

Parce qu’ils sont beaux !

TISDAL.

C’est pour vous tenter ; c’est pour que vous veniez vousmême en faire la récolte. Si vous voyiez comme les branches plient sous le fardeau! C’est une bénédiction du ciel... Mon jardin est un paradis..

ESTHER

Un paradis... perdu, mon ami.

TISDAL.

Il est si facile d’y rentrer 1 Ce serait charitable à vous ; je ne v iendrai jamais à bout de tout cueillir, et le grand air vous ferait tant de bien?

Une seule chose pourrait me faire du bien, mon ami, et cette chose est impossible!

TISDAL.

Il n’y a rien d’impossible à Dieu !

ESTHER

Je vous remercie ; mais je dois rester... Je ne suis pas lassée de l'attendre... et de souffrir pour lui, puisque je vis encore!

(On met le thé sur la table à gauche, Patrick sort.)

TISDAL.

Toujours la même réponse I... (On frappe plusieurs coups à l'anglaise à la porte de la rue.)

ESTHER, serrant la main à Tisdal.

C’est lui !...

• TISDAL.

Prenez garde, ne vous flattez pas...

ESTHER

Oh! mon cœur ne me trompe pas... (On refrappe.) c’est lui? c’est lui ! (elle se lève.)

TISDAL.

Une fausse espérance peut vous être si funeste ! (il s’approche

d’Eslher.)

MISTRISS DINGLEY, qui a couru à la fenêtre.

Elle a raison ! c’est le Doyen ! (Elle vient près d’Esiher.)

Ah!... Enfin !

(Esther veut aller à la rencontre de Swift ; mais les forces lui manquent, elle s’appuie sur le dos du siège et sur Dingley.)

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