ACTE PREMIER. * îô
■ LE DBAC.
Ah! finis, ou je meurs!
FRANCINE
Commont? Quelle idée as-tu? Que veux-tu?
LE DRAC
Je veux... je veux que tu renonces h Bernard.
FRANCINE
Par exemple! et pourquoi donc?
LE DRAC
Parce que je suis jaloux !
FRANCINE
Toi! un enfant!
LE DRAC
Je n’ai pas d'âge, Francine, je suis de ceux qui ne meurent pas.
FRANCINE
Es-tu fou?
LE DRAC
Je ne suis pas l’orphelin que ta mère a recueilli. Fleur-de-Mer ne reviendra plus.
FRANCINE
Qu’est-ce que tu me dis? que Fleur-do-Mer ne reviendra plus? et c’est lui qui me parle!
Fleur-de-Mer n’est plus, je te dis! et moi, Francine, moi qui t’aime, j’ai pris sa figure.
FRANCINE
Tu as pris?... Mais qu’est-ce que tu prétends être?
LE DRAC
Eh bien! je suis le Drac!
FRANCINE
Le Drac, toi I
LE DRAC
LE R B AC
Ohl ne ris pas!
FRANCINE
Mais tu as la fièvre... oh ! je crois que tu as la fièvre et le délire. Autrement...
Autrement?
FRANCINE
Ah! je te haïrais!
LE DRAC
Haï de toi! Oh! non, non, ce serait trop! Ne me crois pas: allons! c’est vrai, j’étais fou; c’est vrai, je suis Fleur-de-Mer.
FRANCINE
A la bonne heure!
LE DRAC
Oh! pourtant il ne faut pas non plus sourire, il ne faut pas me dédaigner! je ne suis pas le Drac, mais, écoute, je me suis donné à lui ! et, grâce à lui, grâce aux Esprits de la mer, je peux tout sur les hommes, je peux les dominer, je peux les perdre!
FRANCINE
Que dit-il ?
LE DRAC
Ainsi, ne m’aime pas, soit! mais ne va pas non plus aimer Bernard! Si tu l’aimais, Francine, — oh! si tu l’aimais! — malheur à lui! malheur à toi ! malheur!