ACTE DEUXIÈME
Où, parmi les fleurs aux ardents calices, Tu pourras cueillir le secret do Dieu.
FRANCINE, rivant.
Oui, c’est beau, l’esprit, mais le cœur, c’est doux : vois le cœur de Bernard !
LE D R A C
Il n’est de doucour que dans la puissance !
En veux-tu juger, tiens!... La vaste mer, Musique, azur, force et magnificence,
Ce qu’elle a de pur, ce qu’elle a d’amer,
Les parfums lointains des mondes, l'abîme, La vague qui sait lécher et briser,
Perles et rayons... — de ce tout sublime, Francine, pour toi je fais un baiser.
(Il lui met un baiser au front.)
FRANCINE, tressaillant.
Est-ce toi, Bernard ?
LE DRÂC, arec rage.
Ah ! toujours lui ! toujours !
FRANCINE, s'éveillant.
Fleur-de-Mer ! tu étais là ?
LE DRAC, reprenant le ton d'un enfant.
Oui, je to regardais dormir, je t’écoutais rêver.
FRANCINE
Jo rêvais tout haut ?
LE DRAC
De ton Bernard t
FRANCINE
Plaît-il? Est-ce que tu te souviendrais encore ?...
LE DRAC
LE DRAC
De quoi ? de ma fièvre de tantôt? non. Je me souviens seulement que tu m’as dit : On n’aime pas un enfant I et que Bernard m’a dit : On n’a pas peur d’un enfant! — Pardine 1 j’étais fou! c’est passé... Mais Bernard a un rival plus sérieux que moi, pas moins !
FRANCINE
Qui donc?
LE DRAC
Eh bon ! Lesquinade.
FRANCINE
Beau rival ! un vaniteux ! un poltron 1 un avaricieux !
LE DRAC
Tu crois? Si pourtant il était généreux? s’il était vaillant?
FRANCINE
Lesquinade 1
LE DRAC
Eh ! oui, j’ai dans l’idée, moi, que, si on voulait, — (a pan.) et je vais vouloir 1 — Lesquinade serait généreux, Lesquinade serait vaillant... tout comme un autre.