SCÈNE VI
LE DRAC, BERNARD
BERNARD, regardant autour de lui.
Ah! cher logis du bon Dieu! je reconnais tout ici. L’image... son fauteuil... Rien n’est changé, rien ne manque, rien, — excepté l’âme de la pauvre mère... Et encore, qui sait?... (11 va s’asseoir près
de la table.)
LE URAC, h part.
Est-ce qu’il échapperait à mon influence, lui?
BERNARD
Ah! c’est toi, petit. Où donc est Francine?
LE DRAC
Elle va venir. Si vous voulez boire un coup de rhum en l’attendant.
BERNARD
Merci, mon enfant ; depuis deux ans, j’ai renoncé à ces boissons-là.
LE DRAC
Ah! (u va ouvrir la fenêtre, étend le bras ; lo vent souffle.)
4G LE DRAC
BERNARD
Ferme la fenêtre, petit, je te prie. La brise soufflait si calme, il n’y a pas une heure, et v’Ià que tout d’un coup mon satané vent d’Afrique s’est levé... Ahl la Méditerranée est une mer bien jolie, mais... ,
LE DRAC
Mais bien fantasque, pas vrai ?
BERNARD
Ferme donc la fenêtre.
Oui, mais le châssis ne joint pas, et le vent n’en siffle que plus aigu.
BERNARD, se lire.
Chien de ventl — Ah çà! où donc Francine est-elle allée, dis?
LE DRAC
Rejoindre son père, à ce què je crois.
BERNARD
Ahl elle va l’amener; il y a donc de bonnes nouvelles de ce côté-là? Oui, sûrement, puisqu’elle a mis le fanal. Mais j’aurais aimé savoir tout de suite... Elle aurait bien dû m’attendre et me parler un peu.
LE DRAC
Vous parler! seule? sans son père?
BERNARD
Eh bien, après? Pourquoi donc pas?
LE DRAC
Ah! c’est que...
BERNARD
C’est que?...
LE DRAC
Je ne sais pas, moi... Est-ce qu’elle n’a pas un peu peur de vous?.-.