ACTE TROISIÈME
FRANCINE
C’est bien. Merci. Adieu.
BERNARD
FRANCINE
Je n’ai plus rien à écouter de vous, Bernard.
BERNARD
Même quand je vous parle à genoux? Oui, à genoux. M’y voilà. Pardon! — Vous êtes ce qu’il peut y avoir au monde do plus pur et de plus doux, et moi indigne, moi misérable, je vous ai accusée, je vous ai insultée!
FRANCINE
Vous reconnaissez maintenant que vous vous trompiez?
BERNARD
On m’avait trompé.
FRANCINE
Ah! on vous avait?...
BERNARD
Oh! je ne le dis pas pour diminuer ma faute. Elle n’a pas d’excuse. Et votre père aurait eu bien raison de me la faire payer tout à l’heure.
FRANCINE
Il m’a dit que vous ne vous étiez défendu contre lui que par le respect. C’est tout de môme bien à vous. Vous avez pensé à ma mère.
, BERNARD
A elle et à vous, Francine. Mais ce n’est rien, ça ! Je veux punir moi-même mon offense, et peut-être un peu la réparer aussi.
FRANCINE
Comment 1 il ne s’agit plus de duel, j'espère!
LE DRAC
BERNARD
Ohl je vous jure que non.
FRANCINE
D’un voyage, alors? vous partez?
BERNARD
Oui, je pars.
Ah!... pour combien de temps?
BERNARD
Je ne sais pas. Pour longtemps peut-être.
FRANCINE
Pour longtemps! mais enfin, pas pour toujours?
BERNARD
Peut-être bien pour toujours.
FRANCINE
Ohl nonl vous reviendrez.
BERNARD
Et qu’est-ce que ça vous fait que je revienne, Francine, puis que vous ne m’aimez plus?
FRANCINE
Ahl Bernard, reviens!... Reviens!
BERNARD
Ah! lu m’aimes, Francine! tu m’aimes! tu me le dis donc enfin !
FRANCINE
Tu me le demanderas donc toujours!
BERNARD
Oh! ma Francine, sois bénie! sois bénie! Plus que jamais il faut que je fasse ce que j’ai résolu, et que je le fasse ce matin,