Christine, II, se. vi, pp. 231 sqq
196 LE DltAME DALEXAXDIIE DUMAS.
se souvient vaguement des imprécations de Camille', l'aile est seulement i)lus prolixe, au petit bonheur. Nous voyons clairement, dans ces premiers actes, la façon dont Dumas entend la tragédie modernisée : c'est à savoir de grandes scènes à couplets, où il verse consciencieusement tout ce qui lui vient à l'esprit; rapt, vingt vers ; — abandon, vingt vers ; — Richelieu, quelque peu davantage ; — Corneille, une quarantaine pour plaire à Hugo. Quand le lilon du lieu commun s'épuise, on broche quelques hémistiches sur le décor, on en roule d'autres autour du mirliton de l'actualité; couleur locale, toujours, mais infiniment plus artistique aux yeux de Dumas que celle du drame populaire : elle est versifiée. Et, comme l'exercice est facile, cela lui donne envie.
De là l'acte III de Christine^ à tableaux démontables : Christine et sa cour à Fontainebleau; la carte du Tendre; Corneille en visite.
Corneille! — Inclinez-vous devant le vieux Romain 2.
On voit la suite. Monologue de Christine après la lecture du monologue d'Auguste. Reine et femme , emphatique et loquace, cette majesté déchue «rugit» conqjendieusement. Il faut croire que tous les chemins mènent à Rome, où la tragédie doit aboutir.
1. Christine, II, se. vu, p. 237. Cette scène est surtout la paraphrase des vers de Racine :
Tu ne revois en moi qu'une amante oITcnsée..., etc.