‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 24 sur 309 · LE DOGE · texte numérisé non relu

LE DOGE

Eh, qu'as-tu donc?

FIESQUE

Je pleure *.

Et voilà une scène de drame, qui nous mène droit au dénoûineut.

Noyer un doge était pour Dumas une aubaine; d'autant que l'histoire est ici presque complice. Fiesque tomba dans la mer, au moment où il touchait au but de ses rêves aml)ilieux. Dumas le noie donc, de cœur

1. Manuscrit inédit, V, se. xiv. Cf. la Conjuration de Fiesque à Gênes, Y, se. xiv, p. 342.

léger. Mais il s'aperçoit que Schiller a gâté, dans son premier dénoûment, le caractère farouche de Verrina, et fait de ce vieux républicain un homme ordinaire et médiocre, pour le plaisir sans doute de finir sur un mot amer : « Où est Fiesque? — Il s'est noyé... 11 est noyé, si ce tour vous agrée mieux... Je vais trouver André i. « Je ne crains pas de dire que Dumas a trouvé beaucoup mieux, sans trahir la philosophie de l'original. Il ajoute une scène, où il résume l'action et l'utopie du sujet. Le peuple, que Verrina a voulu affranchir, pour l'amour de qui il a fait mourir Fiesque qu'il chérissait, revient docilement au joug des Doria contre lesquels il s'est soulevé. Alors le farouche Verrina, prisonnier, reconquiert sa liberté d'un coup de poignard, bravant jusqu'au bout la tyrannie.

Pour la mort du rebelle il est des échafauds,

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