‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 274 sur 309 · Le Demi-Monde (Th., II), II, se. viii, p · texte numérisé non relu

Le Demi-Monde (Th., II), II, se. viii, p

2. Francilien (Th., VII), I, se. ii, p. 272. Voir plus haut, p. 167, n. 3.

3. L'École des maris, r École des Femmes, le Misanthrope, les Femmes savantes, Don Juan et passim.

4. Édition des Comédiens. Plaquette I. Note A du Fils naturel, p. IX.

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senteraent, pour dialectiques et dogmaliques qu'elles soient, elles n'en sont pas moins romantiques, par Shakespeare et Dumas,

Dès Diane de Lys, Dumas fils prend une forte position entre la loi et le préjugé, la vérité morale et absolue et la vérité relative et conventionnelle. Qu'est-ce à dire, sinon que la lutte d'Antony le tente, et que ni la scène des « enfants trouvés » ni celle des « préjugés » ne lui sont étrangères ? Au fond de cette âpre et fière raison, qui s'attache à réformer le monde, n'apercevezvous pas la vaillance d'opinion, la foi en soi-même, l'invincible besoin d'être à part, et encore le muscle, le muscle de famille qui brandit passions et raisonnements? Cette logique même, qui supplée à l'imagination, est impétueuse et pousse volontiers jusqu'aux défis. Elle considère et traite l'humanité de haut en bas. Elle raisonne, analyse, déduit, aussi impérieuse (mais plus maîtresse de soi) dans ses syllogismes que l'autre dans ses blasphèmes. Surtout elle dénote une vigueur admirable dans le dessin de la pièce et des caractères.

Au reste, tous ces héros ])0sitifs sont fils d'Antony par leurs aspirations et quelques-unes de leurs illusions, qui appartiennent décidément en propre à notre société renouvelée. Aucun d'eux ne dédaigne ni les titres ni la particule ni les savonnettes à vilains. Antony, Buridan, Paul Aubr\', Jacques Vignot sont tous nés grands d'Espagne : ils convoitent grandement. L'un est un grand artiste, amoureux d'une grande dame, d'une très grande dame. L'autre, M. Jacques Vignot, aspire à la main de la nièce d'une marquise, récente, il est vrai, mais qui tient ferme au parchemin — et lui. aussi. Nous retrouvons notre Dumas, le fougueux artilleur républicain, ami de tous les princes, ducs, comtes et marquis; et, si je ne reconnaissais là les saines tradi-

tions de Figaro et de M. Kean, je n'affirmerais pas que la valeur démonstrative du théâtre de Dumas fils n'en fût un peu diminuée K Le faubourg Saint-Germain vit dans l'isolement et le silence; ailleurs gronde et s'agite le monde moderne; en d'autres faubourgs fermente la société de demain. Antony a marqué sur ces types nouveaux d'autres empreintes. Du génie, ils en ont par droit de naissance, comme Figaro a de l'esprit. Jacques ^'ignot sait tout, a tout vu, tout lu, tout appris; et il fait un excellent secrétaire de ministre vers l'î'ige de vingt-trois ans ^. M. René de Gharzay, gentilhomme sans fortune, M. de Cayolles, gentilhomme théoricien, ne sont pas moins heureusement doués ^. Les livres ne leur coûtent aucune peine à écrire. C'est pure modestie si, dès leur majorité, ils n'entrent pas à l'Institut. Pour Olivier de Jalin et de Ryons, ils possèdent en propre le plus rare mérite, et le plus précieux. Quelle maxime leur est inconnue de la subtile science d'aimer? Et tout cela est observé : car l'observation a succédé à l'imagination, le |)osltivisme à la légende.

A l'importance que prend l'adultère sur ce théâtre, à la façon dont l'amour y est représenté, on reconnaît encore l'influence à' Antony. Ni Olivier ni de Ryons ne s'écrient plus : « Honte au lien de sang!.. « Grattez C3

vernis d'ironie désabusée (« Désabuses!,.. Suzon,

Suzon, Suzon! Que tu leur donnes de tourments *! »)

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