La Mère coupable, V, se. viii
ressources pathétiques du mélodrame et sut mettre à profit l'exemple et le public de Pixérécourt, a été plus clairvoyant dans le choix de la tradition française qu'il devait suivre. Il se rattache aussi à Beaumarchais, mais il tient Eugénie et la Mère coupable pour « la ])ire école de drame ^ ».
Il en crut trouver une meilleure dans l'œuvre de Mérimée. Ce fougueux touche-à-tout subit l'influence de ce gentleman froid. Ne l'eût-il pas expressément drclaré ^, Don Juan de Marana suffirait à nous renseigner. Je crains d'ailleurs que ce cousinage ne soit encore un plaisant quiproquo, tout à fait digne du théâtre. J'ai indiqué que dans la Chronique du règne de Charles IX, Mérimée, écrivant un roman historique, raille finement les romanciers à la mode de ^Yalter Scott. Le Théâtre .de Clara Gazul me fait tout l'effet d'une mystification, d'une raillerie continue, dont Dumas fut dupe; avec quel entrain, on s'en doute. C'est l'armature, l'écorché du drame national; ou n'en serait-ce pas plutôt la critique la plus pénétrante ? Cette comédienne espagnole a tant d'esprit!
Pan, pan, pan! — Les trois coups. — Le rideau se lève. — Ris, souffre, pleure, tue! — Il est tué! — Elle est morte ! — Fini. — Point de drame; mais la trame. N'est-ce donc pas plus difficile que cela? Ou ne seraitce que la parodie ? Possible. La théorie et le rudiment? Peut-être. La condamnation du drame historique ? Il faut voir. Et l'on voit dans le prologue des Espagnols en Danemark une fine moquerie des trois unités ^ Mais