Préface de CromweU, p
théâtre les appétits de son imagination *. A la vérité, son esthétique n'est que fantasmagorie. Toutes ses idées, ou du moins celles qu'il a faites siennes, -se déforment et s'agrandissent démesurément dans le passage du cerveau oii elles s'agitent sur le papier où elles se fixent. A mesure qu'il se rapprochera du mélodrame et que ses ])ersonnages seront plus inconsistants, la formule qui les définit ou plutôt qui les dilate dans la préface, s'élargira jusqu'au symbole. Que dis-je? C'est proprement une discorde entre la fantaisie et les nécessités réelles de la composition. Tout ouvrage qu'il a écrit pour le théâtre, resplendit à ses yeux d'une auréole, qui en cache les défaillances. Il est prodigieusement dujjc de visions admirables. Et il écrit des avant-propos, qui pourraient être en vers, comme le monologue de don Carlos; le lyrisme y vaticine, les contradictions n'y sont point voilées. Au moment de mettre en couplets les descriptions de Walter Scott, il les dédaigne dans ses notes ^; il proclame le vers indispensable, et il écrit trois mélodrames en prose. Pour prendre ses vues sur les idées, il escalade à tout coup les tours de Notre-Dame, et fait de là-haut ses salutations théâtrales.
Il parle au peuple. Aux grandes foules les grands mots; et aux grands mots les grands remèdes. Ces symboles ne font pas qu'il ait vu seulement ce qu'il y avait à faire. Le promoteur du drame national débute par Cromix'ell, du drame historique par Hernani, et pousse jusqu'au drame social avec Angelo . Je sais qu'Ângelo^, c'est « la femme.... toute la femme », à