Hernani, acte IV. Cf. Cromwell, III, se. ii, p
3. Le roi Richard III, V, se. m, pp. 251-253. Cf. Marina Faliero, Y, se. ii, p. 102; Hernani, III, se. vi, pp. 84-88; Lu-
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qu'on se rassure, je ne les rapprocherai point. Cela devient la scène des affronts dans Lucrèce Borgia et celle des duels de don Guritan dans Ruy Blas. L'inspiration de Shakespeare s'amoindrit toujours davantage. Hcrnani n'est pas moins imité qn Henri III. Seulement, l'exécution diffère. Outre les obligations qu'il a à Corneille, au Romancero gênerai, aux Brigands *, — surtout les rôles d'Amalie, de Charles Moor et du vieux Moor, — j'indique pour mémoire le canon qui annonce l'élection de don Carlos *, — le monologue du même ^, — les scènes du cor : « Le chef des outlaws détacha de son cou le cor de chasse et le baudrier qu'il avait récemment gagnés au tir d'Ashby : « Noble guerrier, dit-il au Chevalier noir, etc. * «, — le couplet de Hernani :
Parmi nos rudes compagnons ^\...
crèce Bori>ia, V partie, I, se. vi, pp. 35-36; Ruy Blas, II, se. IV, pp. 143-144. On trouve, à la scène citée de Marina Faliero, l'idée de la sal/e des portraits des doges. Peut-être les deux souvenirs se sont-ils combinés dans la mémoire de Victor Hugo.
1. M. Petit de Julleville a noté {le Théâtre en France, ch. xi, p. 158) les rapports de mouvement scénique entre Hernani et Victor ou l'Enfant de la forêt. Il y a plus. Victor Hugo et Pixérécourt imitent les Brigands de Schiller. Voir surtout, outre les rôles indiqués, les Brigands, II, se. m, pp. 81 sqq., et V, se. II, pp. 158 sqq.
2. Cf. la Conjuration de Fiesque à Gènes, IV, se. xv, p. 318; Hernani, IV, se. m, p. 118.
3. La Conjuration de Fiesque à Gènes, III, se. ii, p. 273; Hernani, IV, se. II, pp. 107 sqq. Tous ces monologues dérivent d'ailleurs à'Hamlet.
4. Ivanhoe, trad. Dumas, t. II, ch. xxxii, pp. 102 sqq. et ch. XL, pp. 216 sqq.
5. Les Brigands, II, se. m, p. 81. « Il y a ici soixante-dix-neuf hommes dont je suis le capitaine, etc. ». Hernani, I, se. n, p. 22. Cf. Victor ou l'Enfant de la forêt, III, se. vi, pp. 43-46. Pixérécourt adoucit.
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extrait de Schiller, — le cri :
Qui veut g-agner ici mille carolus d'or?
reproduit de Schiller ', — le luotif :
Que sur ce velours noir ce collier d'or fait bien 2!
réminiscence affaiblie à'Egmont. Encore un coup, je ne fais pas à Victor Hugo un grief d'imiter, mais de diminuer souvent ses originaux. Jusqu'à Ruy Blas, il imite, il se répète, sans s'améliorer. Et à la fin il lui arrive de tirer plus gauchement profit de ses souvenirs qu'à ses débuts. Ainsi, l'acte II de Ruy Blas est transposé de Don Carlos ', dans une intention dont la logique échappe, s'il est vrai que pendant plusieurs scènes la camerera mayor nous persuade qu'en l'absence du roi, personne, sauf les ministres, n'est admis à voir la reine, tandis que dans les suivantes nous apparaît tout justement le contraire.
Même il advient que Victor Hugo choisit ses sources plus près de lui. Je ne parle pas de Marion de Lorine, composée après et d'après le roman de Cinq-Mars, et
1. Les Brigands, V, se. il, p. 164 : « Ou a promis mille louis d'or à celui qui livrerait eu vie le grand brigand ».
2. Hernani, V, se. m, p. 139. Cf. Egmont, III, p. 325. « Ah! le velours est trop magnifique »
3. Ruy Blas, II, se. i, pp. 125-131. Cf. Don Carlos, I, se. m, p. 16. J. Janin avait déjà remarqué, malgré son évidente sympathie pour V. Hugo dramaturge, comment les scènes imitées sont diminuées et perdent de leur portée dramatique ou autre. Voir Hist. de la litt. dramat., t. IV, ch. xvm, p. 377. « Par exemple, cette représentation des futilités de la cour d'Espagne au second acte de Ruy Blas, pour être exacte et complète et pour amener de charmantes répliques, de fines reparties, n'est tout au plus qu'une délicate peinture posée dans un salon, et dont on admire la finesse, sans demander pourquoi ce tableau est placé là. Le grand poète Schiller avait retracé, avant M. Victor Hugo, un grand et sévère tableau historique avec le même sujet, etc. »
je me veux borner à Ilcrnani et Ruy Blas, qui tiennent encore l'aniche.
Quand Ruy Gomez parut (25 février 1830), Casimir Delavigne avait donné V École des vieillards depuis sept ans (G décembre 1823), et Marina Faliero (30 mai 1829) depuis quelque neuf mois. On lit dans la première pièce :
Quand on aime avec «rainte on aime avec excès;
Jeune, on sent qu'on doit plaire, on est sûr du succès 1, etc.
Et l'on trouve dans Marina Faliero d'autres couplets que je ne compare pas à ceux de Don Ruy ni de Doua Sol, mais qu'il faut pourtant rapprocher.
Tout s'est éteint, flambeaux et musique de fcte, Rien que la nuit et nous! Félicité parfaite -...
Délicieuse, délicieuse mélodie, à laquelle préludait modestement le sage auteur de Marina Faliero :
J'ai vu les astres fuir et la nuit s'avancer,
Et des palais voisins les formes s'eflacer.
Et leurs feux qui du ciel perçaient leur voile sombre,
Eteints jusqu'au dernier disparaître dans l'ombre '...
Si la scène des portraits est de Shakespeare, la situation du roi exigeant de Ruy Gomez qu'il livre son hôte, est de Mérimée, indubitablement. On la reconnaîtra dans Inès Mendo ou le Triomphe du préjugé *. « Je sens, dit le corrégidor à don Esteban, combien il vous est pénible de livrer votre hôte, Mais je sais aussi que vous ne voudriez pas donner asile à un ennemi du roi. » Ce que Hugo traduit :
1. Vers dont l'écbo sonore se propage dans Ilcrnani, lll, se. i, pp. 61 sqq.; l'École des vieillards (Th., I), III, se. il, p.^316.