‹ Le Drame des poisonsChapitre 31 sur 34 · Racine, dans la Collection des Grands Écrivains français · texte numérisé non relu

Racine, dans la Collection des Grands Écrivains français

Paris, 1898.

heureuse. La peinture de sa vie familiale, après que Tillustre poète eut renoncé au théâtre, est délicieuse. « Au milieu de cette famille, qui reproduisait, avec une variété charmante, les traits de sa nature sensible et^icjujèle, Racine pratiquait toutes les vertus d'un bon père. Il redevenait enfant avec Babet^ Fanchon, Madelon, Naneite et Lionval; seuls les deux aînés, garçon et fille, ne portaient point de ces diminutifs, par respect du droit d'aînesse. Il préférait le bonheur de leur société à la recherche des grands.

« Un jour, il revenait de Versailles, où il était allé faire sa cour, lorsqu'un écuyer de M. le Duc lui apporte une invitation à dîner pour le soir même : « Je n'aurai point l'honneur d'y aller dîner, lui « répondait-il; il y a plus de huit jours que je n'ai « vu ma femme et mes enfants, qui se font une fête « de manger aujourd'hui avec moi une très belle « carpe; je ne puis me dispenser de dîner avec « eux. » Et il faisait apporter la carpe en ajoutant : « Jugez vous-même si je puis me dispenser de dîner « avec ces pauvres enfants, qui ont voulu me régaler « aujourd'hui et n'auraient plus de plaisir s'ils man- « geaient ce plat sans moi. Je vous prie de faire « valoir cette raison à son Altesse Sérénissime. »

On sait que Racine, après avoir renoncé à écrire pour le théâtre, versa dans la piété la plus grande. Mais ici encore un trait charmant. « Je me souviens, dit Louis Racine, de processions dans lesquelles mes sœurs étaient le clergé, j'étais le curé et l'auteur d'Athaliej chantant avec nous, portait la croix. » Et

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