CE QU EST CETTE QUESTION
Le Noiwelliste de Bordeaux publiait, le 20 octobre 1907, un document que nous avons le droit de considérer comme authentique, ainsi que Tétaient tant d'autres qui ont été divulgués par le même journal au cours de sa belle campagne contre la Franc- Maçonnerie. Ce document, bien qu'il ne fasse que manifester une fois de plus un état d'esprit maçonnique connu, a sa place au début d'une étude sur les vrais secrets de la Franc-Maçonnerie.
Il s'agit d'une circulaire adressée par le Grand Orient de France aux Vénérables des Loges de l'Obédience. Voici ce qu'on pouvait lire dans cette circulaire :
« La qualité distinctwe de tout bon F.\ M.', c'est assurément la discrétion^ qui résulte de l' observation étroite de la discipline..,
« Par discrétion^ f entends la réserve et la prudence que nous devons apporter dans nos relations avec les profanes^ lorsqu'il s'agit de nos travaux., de nos projets., de nos espérances.
« Vous savez bien, mes frères, que notre éternel ennemi est là continuellement à l'affût, qui nous observe et qui nous guette ; qui cherche à saisir le sens de nos sijmboles pour s'en moquer ; à connaître nos intentions pour les interpréter à sa guise ; à savoir nos bonnes œuvres pour les déprécier ; à entraver en un mot notre marche en avant, parce qu'il sait que lorsque nous aurons livré notre dernière bataille, il sera réduit au néant, c'est-à-dire à « ce je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue » .
« Prenons pour modèles et pour guides les Anciens, qui ont observé, relativement aux rites, aux principes, aux enseignements de leurs Mystères, des Mystères d'Eleusis, par exemple, une discrétion si religieuse et si absolue qu'aujourd'hui, encore, malgré toutes les recherches des savants, nous ne pouvons pas dire au juste en quoi ils consistaient.
« Pourquoi donc les Anciens conservaient-ils avec un soin si jaloux les secrets de leurs mystères? Pourquoi leurs préceptes n étaient- ils pas écrits? Pourquoi la peine capitale était-elle réservée aux traîtres, aux indiscrets et aux renégats?
« Parce qu'ils savaient, mes F.'. F.., que les œuvres les plus grandes et les plus bienfaisantes se fondent dans le silence ; que les grandes et nobles idées se propagent bien plus purement si ce sont les adeptes seuls qui les répandent ; parce qu'ils savaient que tout ce qui est mystérieux ou obscur a beaucoup plus de prestige aux yeux du vulgaire, et qu'une institution, qui connaît le monde et n'est pas connue de lui, est d'une puissance irrésistible ; car aucun élément étranger ne l'ai-
tère ni ne la dénature ; aucun obstacle ne l'arrête : à la longue^ elle accomplit son œuvre avec une sage lenteur^ mais avec la sûreté de la goutte d'eau qui creuse le granit.
« Soyons donc discrets^ à la manière antique^ mes F.'. F.', et nous aurons bien mérité de la Maçonnerie universelle. «
Ses travaux, ses projets, ses espérances, voilà donc ce que la Franc-Maçonnerie veut qu'on ignore. L'ombre à laquelle elle aspire, c'est celle qui couvre ces mystères antiques dont la violation était punie de la peine capitale.
Voilà les aveux auxquels elle se laisse aller, lorsqu'elle parle pour ses seuls initiés. Et lorsqu'elle s'adresse aux profanes, elle leur affirme qu'elle ne se cache pas !
Donc la Franc-Maçonnerie ment.
Elle essaye de faire croire dans ce document que son œuvre est « grande et bienfaisante )>, que les idées auxquelles elle se dévoue sont« nobles et pures». Mais les faits la démentent ; car il y a des membres marquants de la congrégation maçonnique qui s'appellent :Wilson; May er, ancien directeur escroc de la Lanterne ; Geyer, percepteur en rupture de caisse ; Thomas, le dévaliseur d'églises ; il y en a d'autres, en grand nombre, qui comptent parmi les panamistes les sudistes, les humbertistes, les fraudeurs du midi, les falsificateurs de toute espèce et les pot-de-viniers de tout rang. Il est bien extraordinaire qu'une doctrine «noble et pure «produise de tels fruits, — et en si grand nombre !
D'ailleurs, quel besoin de se tant cacher, de se rappeler les meurtres antiques, d'avoir recours à l'assassinat comme le fait la Franc-Maçonnerie, — j'en sais quelque chose, — lorsqu'on se borne à prêcher « des vérités bienfaisantes» ? Camille Desmoulins ne comprenait pas cela, lui qui disait : « Il n'y a que les filous qui oient peur des réverbères. »
D'autre part, tout le monde sait que la Franc- Maçonnerie se donne comme étant avant tout une association fraternelle. Or, dans le document que nous venons de citer, elle nous parle d'un ennemi ; et, cet ennemi, elle se propose de le réduire à « ce je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue ». N'est-ce pas là un étrange esprit de fraternité?
L'odeur de mensonge et d'hypocrisie qu'exhale ce document est celle que l'on trouve dans tout ce qui vient de la Franc-Maçonnerie. C'est le parfum qui est particulier à « la Veuve ».
Les lecteurs qui voudront bien aller jusqu'au bout de ce volume auront la preuve que l'œuvfe de la Franc-Maçonnerie n'est ni grande, ni noble, ni généreuse, ni bienfaisante. Cette œuvre, c'est tout simplement la destruction du Christianisme, et, avant tout, du Catholicisme et de la France. C'est l'anéantissement de tout un monde et son remplacement par ce que nous dirons.
Cela semble monstrueux ; si monstrueux qu'on est tenté de le croire impossible.
Pour comprendre que ce puisse être vrai, il faut d'abord se rendre compte que la Franc-Maçonnerie
ne jouit pas de son libre arbitre, parce que ses membres sont rendus inconscients par le travail de déformation intellectuelle et morale auquel on les soumet ; qu'elle n'est qu'un simple outil forgé par une Puissance qui n'est pas française, mais antifrançaise ; qui n'est pas chrétienne, mais antichrétienne ; et qui, en travaillant à la destruction de notre patrie, ne fait que servir à la fois sa religion et son patriotisme particuliers. Les mobiles qui font agir cette Puissance ne sont donc pas si vils qu'il nous semble, à nous, ses victimes. Mais il n'en est pas de même de ses méthodes ; car c'est elle qui a inventé la formule : la fin justifie les moyens; et les procédés dont elle use sont le mensonge, l'hypocrisie, la fourberie, la trahison.
C'est ce dont le lecteur trouvera ici la démonstration.
Nous disons la démonstration ; car cette étude n'est ni un récit, ni un simple rassemblement de documents, c'est-à-dire d'affirmations plus ou moins suspectes par cela seul qu'elles émanent de la Puissance prodigieusement mensongère qui a créé la Franc-Maçonnerie. Elle est poursuivie avec la méthode positive et rigoureuse qu'exigerait l'étude d'un problème d'algèbre. Ceux qui voudront bien nous suivre constateront que les francs-maçons, auxquels on fait croire qu'ils sont « initiés », sont au contraire les premiers trompés par cette Puissance mystérieuse qui se fait appeler « la Veuve », et qui les déclare ses enfants. Ils ne savent, des plans de cette marâtre, que ce que savent, de ceux d'un général en
chef, les mulets qui traînent Tartillerie de son armée C'est ainsi que s'explique leur collaboration insensée à l'œuvre de destruction nationale.