‹ Le drapeau de Carillon: drame historique en trois actes et deux tableauxChapitre 7 sur 31 · LES MÊMES, DE SÉRIGNY · texte numérisé non relu

LES MÊMES, DE SÉRIGNY

{De Sérigny entre - Joie d^ Alice.)

ALICE, le toisant

Monsieur le capitaine, s'il vous plaît .... Je suis fiëre de votre gloire, mon ami, et j'en prends une part au fond du coeur.

Je vous félicite, monsieur.

BLANCUE

Nous vous félicitons.

DE SÉRiaNY

Ah ! le métier de soldat est rude, pénible, parfois, le spectacle des maux engendrés par la guerre est accablant, il est triste de voir tomber à côté de soi des hoijimes pleins de vie, de courage, des amis, des braves, des héros comme Muntcalm, mais il y a des compensations pour

celui qui se bat par dévouement pour son pays . . . .pour ea gloire et pour sa liberté. ... et puis, de soldat on devient sergent,lieutenant,capitaine,

colonel, général, peut-être et on pense k

celle qu'on aime. Cette pensée exalte notre courage, et Tobjet de notre amour devient pour nous le symbole idéal, l'image même de la patrie.

ALICE

Et celles qui vous aiment pensent à vo»e, prient pour vous, ainsi que pour le succès de votre cause .... de notre cause.

DE SBRIGNY

Ah ! merci ! car la lutte est terrible, les dangers continuels, tous les jours ce sont des escarmouches, des combats ....

Et votre blessure ?

DE SBRIGNY

Ah ! je n'en souffre plus. . . .mais je l'ai échappé belle ! . . . . Vous savez, sans doute, mad moiselle Blanche, que sans le dévouement et la bravoure de mon ami Murray, je n'aurais pas le plaisir de vous voir aujourd'hui ? . . . .

BLANCHE

C'est donc bien vrai? ....

DE SBRIGNY

Oui, bien vrai ! . . . .

ALICB

Racontez-nous donc cela.

DE SÉRIGNY

Hëlas ! nous étions battus, et nous devions rêtre. Montcalm, audacieux jusqu'à la témérité, avait engagé la bataille dans les conditions les plus déplorables. . . .Nos troupes battaient en retraite, Montcalm faisait des efforts désespérés pour les rallier. ... Il avait déjà' reçu deux blessures, son sang coulait, mais il continuait de se battre. . . .Ah ! qu'il était beau à voir dans cette tempête ! il ressemblait au Dieu de la guerre. Soudain, un coup de feu le blesse mortellement et le jette à bas de son cheval . . . .J'étais parmi ceux qui combattaient autour de lui. ..Nous étions serrés de prës ; tout à coup m'étant porté en avant, je fus entouré, et j'allais recevoir un coup de baïonnette en pleine poitrine, lorsqu'un officier anglais fit dévier l'arme et cria que j'étais son prisonnier. Cet officier était le capitaine Murray. Quelques jours après, grâce à sa générosité, j'étais remis en liberté sans condition.

BLANCHE

Vous oubliez de dire que le capitaine Murray, blessé lui-même et fait prisonnier après vous avoir sauvé, fut transporté ici, à votre demande.

DE SERIGNY

Et soigné, guéri par vous en peu de jours.

BLANCHB

Et par Alice. .. .

DE SBRIGNY

Ouï, mais avec moins d'efficacité, paraît-il !

BLANCHE

Voyons, capitaine, est ce qu'il ne mérite pas qu'on l'aime un peu?

DE SÉRIQNY

Beaucoup même. . . .

BLANCHE

Il y a de bons Anglais, n'est-ce pas !

DE SÉRIGNY

Oui, le capitaine Murray, par exemple.

Jacques, faites attention à vos paroles.

DE sÉRÎGNY, souriant

Ma foi ! tant pis ! {On entend du bruit^ des coups defvsil^ des cris.)

DUMAS

Que signifie ce bruit ?. . . .Si nous allions voir, cai^itaine. . . .

DE SLRIGNY

Oui, allons. . . .

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