‹ Le drapeau de carillonChapitre 21 sur 36 · LES MÊMES, LE MILICIEN LE MILICIEN · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LE MILICIEN LE MILICIEN

Pardon, monsieur et mesdames . c’est la

misère qui m’amène, qui me force de venir vous

demander l’aumône . Ce n’est pas pour moi,

mais pour ma fenmme et mes enfants. .... Pendant que les hommes se battent, voyez-vous, les femmes et les enfants meurent de faim !

ALTCK

Pauvre monde !

DUMAS

Mais vraiment, les souffrances sont-elles aussi grandes qu’on le dit à la campagne ?

LE MILICIEN

Plus grandes, Monsieur, qu’on le dit, et c’est, facile à comprendre. Un grand nombre d’habi' tants n’ont pas ensemencé leurs terres, le printemps dernier, d’autres n’ont pu sauver leurs récoltes ; ceux à qui il reste quelque chose, donnent.

à ceux qui n’ont rien . Après avoir mangé le

bétail, on mange les chevaux . Toutes les fa¬

milles sont, en deuil. . . .Ici, c’est le père qui a été tué, là, c’est le fils qui est mort ; on voit partout des veuves et des orphelins.

blanche'

Mon Dieu ! ayez pitié de ces pauvres gens !

DUMAS

Qu’est-ce qu’on dit à la campagne de la situation?

LE MILICIEN

Que 1a. France ne fait pas pour nous ce qu’on fait, pour elle. .On a tout souffert avec patience. . On s’est battu avec enthousiasme à Montmorencv, sur les plaines d’ Abraham ... .On se plaignait bien un peu de la manière dont on était traité par les gens de l’armée, on disait que nos sacrifices

DEUXIÈME ACTE

n’étaient pa> appréciés comme ils devaient l’être, néanmoins on souffrait tout pour l’amour de la

France . Mais si la France ne nous envoie

pas les secours qu’on nous promet depuis si longtemps, nous croirons qu’elle nous abandonne, et nous retournerons à nos champs.

ALICE

Etiez-vous à la dernière bataille ?

LE MILICIEN

Oui, Mademoiselle, j 'étais dans la compagnie du capitaine de Sérigny.

alice, émue

Vraiment?

LE MILICIEN

Oui, et j’en suis fier !... .En voilà un bravo, on disait qu’il devrait être fait colonel. . . .11 le mérite bien.

ALICE

Mon père, nous ne laisserons pas partir ce brave homme sans lui donner quelque chose, une obole.

Ce ne sera pas l’obole du riche !

ALICE

Eh bien ce sera l’obole plus méritoire du pauvre. Il me reste, sur mes petites économies, deux pièces d’or, je lui en donne une. ( Elle lu lui donne.)

EL A NC UE

J’en fais autant. {Elle lui donne une pièce d’or.)

DUMAS

Pauvres enfants !

LE MILICIEN

Merci, mesdemoiselles. Vous êtes aussi bonnes que vous êtes belles. .. .Que le bon Dieu vous protège !.

louise, entrant Monsieur Clavet !

ALICE

Encore lui !... .

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