LES MÊMES, DE SÉRIGNY, ALICE, BLANCHE
de sérigny, entrant
Je vous dérange, je crois, mais comme nous pouvons être obligés de nous eloigner bientôt de Québec, je n’ai pas voulu partir sans vous dire adieu ainsi qu’à mesdemoiselles Alice et Blanche.
( Damas sonne et Louise entre.)
DUMAS
Dites à mesdemoiselles Alice et Blanche do venir au salon. ( Louise sort.)
DUMAS
J’espère, monsieur de Sérirny que nous pourrons compter, cette fois, sur votre modération.
DE SÉRIGNY
Pourquoi, Monsieur, cette observation ? (à 'part.) '.que se passe-t-il ? (Les jeunes filles entrent , de Sèrigny va au-devant d’elles.)
DUMAS (à Clavet )
Veuillez donc passer dans mon cabinet de travail, j’ai une question à vous poser. (Ils sortent )
Mes compliments ! Jacques, il paraît que vous vous êtes fort distingué dans la dernière bataille '
DE SÉRIGNY
J’ai fait mon devoir.
ALICE
Il y a diff érentes manières défaire son devoir : froidement ou chaleureusement, avec toute son âme ou froidement.
DE SÉRIGNY
Oui, de même qu'il y a différentes manières d'aimer. . . .laquelle prêterez-vous?
ALICE
La vôtre.
DE SÉRIGNY
Merci. . . .que voulez-vous?... .C’est l’effet, du tempérament, chacun est ce que la nature l’a fait.
ALICE
Remerciez la nature alors.... la Providence plutôt.
DEUXIÈME ACTE
DE SÉliIGNY
Vous êtes charmante.
BLANCHE
Alice, tu es bien heureuse. . . .je commence à être jalouse.
DE SÉRIGNY
Vraiment ?... Je comprends... mais soyez sûre que j’exprime en ce moment des sentiments que le capitaine Murray éprouve pour vous.
blanche, joyeuse
En êtes-vous bien sûr ?
ALICE
Tu le sais bien, ma coquine.
BLANCHE
On dit qu’il s’est fort distingué, lui aussi, dans la dernière bataille.
DE SÉRIGNY
Certes, oui !... .En voilà un qui se moque des balles et des boulets ; il ne regarde pas même derrière lui pour voir si ses gens le suivent.
ALICE
Il dit la même chose de vous.... Ab! c’est, une horrible chose que la guerre, mais elle fait ressortir tout ce qu’il y a de beau, de grand, d’héroïque chez l’homme !
DE SÉRIGNY
Vous parlez comme une Jeanne d’Arc !
Plût au ciel que je le fusse pour sauver notre malheureuse patrie !
DE SÉRICtNY
Et que je fusse votre chevalier. . . Alice je vous aime depuis longtemps; je n'ai pas de titres, de fortune à vous offrir, mais j’ai mon cœur et mon épée, je les dépose à vos pieds. Veuillez accepter cet anneau de fiançailles.
alioe {émue)
Comment pourrais- je refuser ce nue mon amour pour vous désirait si vivement ?
de sÉRiGNv (lui passant Vanneau au doigt et la baisant au front)
Ah! Quel bonheur! Qui oserait maintenant me disputer votre main?
ALICE
Ae craignez rien, mais n'oubliez pas qu'à l'avenir tout en faisant ovtre devoir de soldat et de patriote, il faut que vous soyez plus prudent, que vous viviez pour moi comme pour vous.
DEUXIÈME ACTE
DE SÉRFGNY
Soyez tranquille, je vivrai pour votre bonheur et le mien.
Mais il faut que notre engagement reste secret jusqu'au moment où mon père sera libre de donner son consentement.
DE SÉRIGNY
Que voulez-vous dire?
ALICE
Vous le saurez plus tard.
louise, entrant
Le capitaine Murray. . . .