UC SERGENT FRANÇAIS
Soldats et miliciens de la compagnie Xo 1, j>> suis chargé de venir vous rendre votre capitaine.
tous, excités
Où est-il ? Où est-il '?
LE SERGENT
Le voici. ( hntrée de de Séngny. — Cris de joie. ) Vive' notre capitaine!
DE SÉRTONY
Merci, mes amis.
DEUXIEME ACTE
LE SERGENT
Voici une lettre dont je dois vous faire la lecture. {Il lit.) " Soldats et Miliciens de la compa- “ gnie Xo 1, je suis heureux de vous rendre ■' votre capitaine et de déclarer que le jugement “ du Conseil de guerre a mis à néans les accusa- “ tions poi’tées contre lui. Il a droit, plus que 4< jamais, à votre estime et à votre admiration; “ connue à celle de ses chefs. J’espère que vous “ continuerez comme lui à donner l’exemple du “ courage et du patriotisme.” ( Le sergent remet la lettre à cle Sérigny et part. — Salut militaire.)
DE SÉRIGXY
Merci, encore une fois, mes amis, de vos témoignages de sympathie pendant les jours d’épreuves que j’ai traversés. Je vous remercie d’être restés calmes.
LE SERGENT
Ça pas été sans effort ... si on nous avait laissés faire !...
ux milicien, regardant du côté du fleuve
Capitaine! capitaine! Un vaisseau à la pointe de F île ! {De Sérigny et ses hommes s’élancent de ce côté en criant: Un vaisseau! un vaisseau!) de sérigny, regardant avec une lunette
C’est vrai ! c’est vrai !... Quel drapeau portet-il? {Hésitation, tous regardent.)
DE SÉRIGNY
M’ayez pas trop confiance. . . soyez calmes. . . Ah! quel moment d’angoisse!.... La destinée d’un peuple tremble dans les plis de ce drapeau.
plusieurs, avec hésitation et l’air troublé C’est un drapeau !... C’est un drapeau !... de sérigxy, regardant
Un drapeau anglais!. . . Le sc*rt en est jeté. . .
■(;// paraît, affaissé.)
LE SERGENT
■ Capitaine, ce n’est peut-être pas la flotte anglaise. . . Ce n’est peut-être qu’un seul vaisseau. de sérignyi, reprenant sa lunette Qui sait? (Il regarde.) Hélas! C’est bien que trop vrai. . . Entendez-vous les cris de joie et de triomphe des Anglais ? ( Grognements des miliciens.) Ah! ils ont eu tellement peur?. . . Je m’explique leur joie. . .
LE SERGENT, triste
- Tout est-il fini ? . . .
de sérigny, marche l’air abattu, puis relevant la tête énergiquement.
Nous nous replierons sur Montréal, la ville de Maisonneuve, et nous y combattrons, dussent tous les arbres se changer en Anglais. . . Le gouvernement de la France nous abandonne, mais après tout, ce n’est pas pour les hommes ineptes et corrompus qui la gouvernent. . . ce n’est ni poulie Roi ni sa Pompadour que nous luttons, c’est pour l’ame de la France qui est en nous, c’est pour nous-mêmes, pour notre honneur, pour nos foyers, pour que nos descendants aient le droit de dire: “Tout est perdu, fors l’honneur!”
Sons de trompette — La retraite