‹ Le drapeau de la France: essai historiqueChapitre 61 sur 65 · Livre troisième. Chapitre III. — le* Drapeaux de l'armée · texte numérisé non relu

Livre troisième. Chapitre III. — le* Drapeaux de l'armée

Le pavillon maritime étant le type du drapeau , du moins à ce qu'il me semble, il est certain que le drapeau tricolore de la République fut aussi celui de l'Empire. Mais, cette réserve faite, il ne paraît guère douteux que Napoléon I" n'ait eu visiblement cette tendance : diminuer et effacer peu à peu les deux couleurs parisiennes pour revenir au blanc de l'ancienne monarchie, dont il aurait été bien aise de reprendre, de remettre en vigueur tous les anciens usages, et de raviver les souvenirs, de façon toutefois qu'ils ne prolitassent point aux légitimes représentants du glorieux passé de la France.

Nous avons donné ci-dessus (p. 230-233) une idée de cette tendance. Elle est expressément aJE&nnée par un contemporain, qui Ta vu se produire et s'accen* tuer sous ses yeux. Yoici ce que dit à cet égard» dajos une récente brochure*, M. le comte de Locmaria ;

(( Le trop puissant génie dont le nom revient sans cesse à la mémoire, était loin de reconnaître à l'enseigne tricolore la signification que lui accorde son corn-

4. La Raison des faits^ par le comte de Locmaria. Paris, Douniol, 4873, in-42, p. 64, 65.

plaisant historien. Bteu qu'il Veàt souveat couronnée de lauriers, et que sa politique se fût parfois inspirée de^ mauvais instincts qu'ilavait lui-mêmâ condamnés, il se hftta, lorsqu'il parvint à l'ampire, de se donoer d&s embJièmes qui ne fui3sent pas ceux d'une époque, où il ayait pu voir les couleurs de la République attachées aux bonnets des septembriseurs et à la pique des Jacobiius.

II distribua des aigles aux troupes, et se leur donjia plus de drapeaux; il modifia l'ordre des couleurs de ceux qui Ûottaieïit sur nos monuments ; il supprima les écharpes et les plumets tricolores, qu'il remplaça par des plumes et des écharpes blanches, ou de couleurs différentes de celles de la révolution ; il donna raigrette blanche aux colonels. Bientôt, des trois nuances de la cocarde, il ne fit paraître que le blanc. Nous nous rappelons l'avoir ainsi port^^; .nom avons vu même en 181 1 , à l'armée de Portugal, les quatre premiers régiments de ligne en habits blancs. Si la guerre, telle qu'on la faisait alors, sans abri et h peu près sans fourgon, n'avait opposé à la volonté impériale des obstacles administratifs très-graves, toute l'infanterie de ligne eût repris l'uniforme de l'ancien régime et,* avec l'uniforme, le drapeau blanc que le décret de l'assemblée constituante assignait aux deuxième et troisième bataillons de chaque régiment* ...

1. Cf. ci-dessus p. 222 et suiv.— Page 282, dans l'art. F^ du

C'est qu'aux yeux de Napoléon, comme au témoignage de l'histoire, le drapeau blanc était le drapeau de la réforme et de la monarchie, comme le drapeau tricolore celui de la révolution et de la république. »

Au retour de l'île d'Elbe, Napoléon affecta un grand zèle pour le drapeau tricolore (ci-dessus p. 239-242), mais c'est qu'alors il convenait à son intérêt d'associer son nom, au moins pour un temps, aux souvenirs du jacobinisme, comme il avait convenu à sa politique, au temps où sa dynastie paraissait fondée, de se rattacher le plus possible aux souvenirs de l'ancienne France.

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