‹ Le droit au travail à l'assemblée nationalChapitre 2 sur 51 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'attention de l'Assemblée nationale constituante de 1848 s'est principalement arrêtée sur les points suivants : l'utilité d'un préambule contenant un exposé philosophique des droits et des devoirs des citoyens; le droit au travail, à l'assistance, à l'instruction; la question des Deux Chambres ; la question de la présidence de la République ; la centralisation administrative; le remplacement militaire.

Les débats ont été surtout brillants à propos des Deux Chambres ; mais la discussion la plus longue, la mieux soutenue, la plus solennelle, a été, sans contredit, celle quia porté sur le droit au travail et son annexe le droit à V assistance. Cette discussion marquera dans nos annales parlementaires : elle reflète l'étal des esprits, à l'époque critique où la France s'est trouvée et se trouve encore, relativement aux questions les plus fondamentales de l'ordre économique et social. Un nombre considérable d'orateurs ont été entendus; tous les arguments pour ou contre ont été produits, et le lecteur trouvera dans le recueil que nous publions l'examen complet de la question, tel qu'il a été fait par les hommes politiques auxquels est échue la tâche difOcilede rédiger la Constitution île la France républicaine.

Nous avons voulu que ce recueil fut une véritable enquête, et qu'il contînt tous les documents qui se rapportent au sujet général. C'est ainsi, que outre tous les discours prononcés à propos des amendements de MM. Mathieu (de la Drôme) et Glais-Bizoin relatifs au huitième paragraphe du préambule, et contenant plus explicitement le droit au travail que la rédaction définitive proposée par la commission de Constitution, nous a\ons reproduit : — la partie de la discussion sur le préambule, qui a principalement porté sur le droit au travail et à l'assistance; — les discussions et les votes auxquels ont donné lieu l'article 8 du préambule consacrant le principe d'assistance, ainsi que

l'article 13 du projet de Couslitiition fornuilaiit la manière dont celte promesse est garantie avec celle de la gratuité d'enseignement et beaucoup d'autres; — le nouveau débat qui s'est élevé à la suite du discours de M. Félix Pyat, lors de la lecture de révision; — enlln les opinions remarquables à div(;rs titres de >1M. Léon Faucher, Wolowski, do Parieu, Frédéric Basliat, Laboulayc, Cormenin, Louis Blanc, Proudhon, qui n'ont pu se produire dans le débat, et dont quelques-unes, celles de MM. Léon Faucber, Wolowski, de l»arieu, Frédéric Bastiat, ont été écrites par leurs auteurs spécialemonl pour notre collection. Nous devons t\ M. Léon Faucher, notamment, une réfutation étendue, savante, énergique, des arguments des principaux partisans du droit au travail.

Nous avons reproduit éomrae préliminaires de la discussion les deux projets de préambule et de garantie des droits présentés par la commission de Constitution, et la partie du rapport de M. Armand Marrast qui s'y rapporte. Nous avons également reproduit, dans des notes linales, des documents qui se rattachent au grand débat qui fait l'objet de ce livre. Nous avons joint à notre publication une introduction historique et explicative, de très-courtes notices biographiques et des notes rapidement écrites.

Nous avons pris la discussion telle qu'elle a été publiée par le Moniteur; toutefois les discours ont été imprimés sur des épreuves que les orateurs ont la plupart bien voulu revoir eux-mêmes. Nous avons reproduit tous les discours en entier, à l'exception de ceux de MM. Hubert-Delisle , Levet , Cazalès et du premier discours de M. Crémieux, qui portent sur le préambule en géni^ral, et dont nous n'avons extrait que la partie relative au droit au travail, à l'assistance, à l'instruction.

Tel qu'il est, le volume auquel nous avons donné nos soins contient toutes les pièces d'un grand procès éparpillées dans la vaste collection du Moniteur et dans plusieurs publications séparées; il présente au lecteur tous les éléments nécessaires à l'élude d'une grande question sociale qui reviendra plus d'une fois et sous d'autres formes à l'ordre du jour. Jpi^ G.

Paris, le 10 Novembre 1848.

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