‹ Le Droit commercial comparé de la France et de l'Angleterre, suivant l'ordre du Code de commerce français. Ouvrage théorique et pratique nécessaire à l'application du nouveau traité de commerce du 23 janvier 1860Chapitre 1 sur 259 · Le Droit commercial comparé de la France et de l'Angleterre, suivant l'ordre du Code de commerce français. Ouvrage théorique et pratique nécessaire à l'application du nouveau traité de commerce du 23 janvier 1860 · texte numérisé non relu

Le Droit commercial comparé de la France et de l'Angleterre, suivant l'ordre du Code de commerce français. Ouvrage théorique et pratique nécessaire à l'application du nouveau traité de commerce du 23 janvier 1860

• çais qui ont vécu en état d’hosti- » lités, grâce à leur jalousie et à leur » méfiance mutuelles, et les cunsé-

• quences funestes qui eu ont résulté » pour les deux pays, et elle salue le » traité comme le pronostic d’une ère a plus pacifique et plus heureuse. »

(M.Cobden.)

J’offre ce livre au Commerce de France et d’Angleterre, non comme une œuvre savante, mais comme un travail consciencieux, ayant en vue la vie pratique des affaires, et qui, à ce titre, sera utile peut-être au développement et à la sécurité des rapports nouveaux des deux peuples.

Le temps des rivalités aveugles et hostiles est passé : rien ne le fera revivre. Il a fait place à l’ère féconde de l’émulation éclairée, généreuse de l’intelligence et de l’industrie.

Ce n’est plus que dans les derniers rangs de la société, en France et en Angleterre, que des passions intéressées, des fanatismes implacables, ayant pour moralité la haine du

Il DROIT COMMERCIAL EN FRANCE ET EN ANGLETERRE.

droit et pour ressource l'appel aux colères de l’anachronisme et aux égarements de l’ignorance et de la brutalité, pourraient réussir encore à ranimer les fureurs atroces contre le nom français ou contre le nom anglais; mais les classes intelligentes et libérales dédaigneraient ces provocations odieuses, qui rappellent les douloureux désastres d’un autre âge, déshonorent et compromettent la cause de la civilisation.

Par la diversité, par l’opposition peut-être de leurs caractères, de leurs mœurs, de leur destination, surtout par leur prépondérance industrielle et commerciale, les deux peuples sont entre eux dans le rapport de deux pôles maintenant l’équilibre d’un monde; dès lors, la constance pacifique et laborieuse de leurs relations, l’échange incessant des produits de leur activité, la lutte loyale, ardente et sympathique à la fois de leurs génies sur le champ d c bataille riche, glorieux’, illimité du travail, sont devenus des conditions essentielles à. leur grandeur particulière , à leur vitalité commune.

11 faut bien qu’il y ait une loi dont les décrets, inflexibles comme le destin, enchaînent l’une à l’autre ces deux puisantes énergies, pour que les longues discordes, les fréquentes et sanglantes guerres n’aient pu altérer cette mystérieuse attraction qui, depuis un siècle surtout, resserre et élargit en même temps les relations industrielles et commerciales des deux nations.

Par exemple, et ce souvenir parle encore comme une actualité, au lendemain de Waterloo, Louis XVIII avait

INTRODUCTION

eu le temps à peine de rentrer en France au milieu des baïonnettes de Wellington et du deuil de la patrie, que les filé de la bourgeoisie française, sans rien abdiquer de leur patriotisme et de leur douleur, reprenaient spontanément le chemin de Londres.

Ils allaient renouer, dans cet immense foyer du trafic universel, la tradition interrompue pendant vingt ans des affaires et de la vie internationales; ils allaient préparer à la patrie épuisée la réparation patiente où la France, après moins de quarante ans de triomphes scientifiques et industriels, devait revêtir l’éclat jnoral, la puissance matérielle et la suprématie politique qui l’ont transfigurée aux yeux de l’Europe et du monde.

En même temps, la bourgeoisie anglaise revoyait la France avec autant d’entraînement que la caste gouvernementale de la Grande-Bretagne nous vouait et nous conserve encore de méfiance et de froideur.

Elle pressentait la merveilleuse résurrection de notre vigueur et de notre opulence nationales ; aussi, plus audacieuse que nous dans sa confiance en notre génie, dans sa foi en notre fortune, elle nous apporta scs capitaux, ses ingénieurs, ses ouvriers, son heureuse témérité d’entreprises. Elle devint chez nous propriétaire d’usines, concessionnaire de chemins de fer, industriel, banquier, avant que nous ayons osé prendre chez elle, à son foyer, d’autres positions que des positions secondaires; mais, avant tout, les Anglais apprirent notre langue, non comme un luxe

intellectuel, mais comme l’élément désormais indispensable

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