Le principe des formes mixtes, battu en
Interprétation brèche au XVIII® siècle par J.- J. Rousseau
dn principe et FilangieH, a de nos jours de nombreux
des formes adversaires. Nous en avons cité plusieurs,
mixtes. n° 257. — C'est la critique de Bluntschli,
que s'approprie Burgesa (36). PaJ/ma (37)
fait remarquer avec raison que les objections présentées
s'adressent en réalité à la théorie mal comprise, et non au
principe exactement interprété.
Quelle en est, en définitive, l'exacte portée ?
Il faut redoubler ici d'exactitude et de précision, sous peine non seulement de nous voir attribuer des thèses absurdes, mais de voir confondre le principe même — règle abstraite et générale — susceptible dans les républiques comme dans les monarchies, de réalisations concrètes fort variables — av^c des formes qui n'en étaient que l'application, formes légitimes en soi, excellentes jadis et même excellentes encore en certains coins du monde, mais, pour nous, démodées et ensevelies dans le passé.
Notre adhésion au principe implique-t-il l'affirmation
(36) Political science and comparative oostitnzional law.
qu'une bonne constitution devrait résulter de la combinaison des formes monarchique, aristocratique et démocratique, qu'un bon gouvernement doit nécessairement être à la fois royal, aristocratique et populaire ?
Cette formule serait indéfendable.
Nous estimons, au contraire, que Y idée monarchique peut se trouver réalisée dans une république, non moins que ridée démocratique, ou si Ton veut le principe de souveraineté nationale dans un royaume héréditaire (38). Faut-il ajouter qu'il y a dos républiques comme des monarchies aristocratiques ? Rome, Venise, TAngleterre en témoignent suffisamment. Paul Janet (39) attribue sur ce sujet à Tacite et à Bodin une opinion, qu'il fait sienne, et que nous faisons nôtre : « Ce ne sont pas les formes de gouvernement, qu'il "^ faut concilier, mais leurs principes : l'unité d'action qui
> est propre à la monarchie, la supériorité du mérite, qui
> est propre à l'aristocratie, la liberté politique et l'égalité » civile, caractères propres de la déniocratie. »