Polycarpus, VII
7. FouRNIER et LE Bras, Histoire des collections, t. II, p. 60.
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au livre III, quelques autres au livre XVI. Cette irrégularité de plan, qui entraîne des répétitions, s’explique par le mode d'utilisation des textes et permet de supposer un travail collectif 2.
La source essentielle du Décret, celle qui apparaît immédiatement, c’est l’ouvrage de Burchard; ses textes sur l’asile passent «en masse » dans l’ouvrage de l’évêque de Chartres (c. 107-114) : ils sont placés en tête du gros des fragments consacrés à l'asile. Seuls les précèdent trois textes qui semblent provenir de sources différentes : la lettre de Jean VIIT, envoyée en 878 du concile de Troyes aux évêques d'Espagne et de Gothie (c. 98), a dû être empruntée à la collection analogue à la Britannica, dont nous avons remarqué l'influence sur la collection A, ou à une collection de conciles francs ; la formule utilisée par le diplôme de Louis le Pieux pour Aniane (c. 100) vient des Faux Capitulaires et la lettre de Nicolas II aux évêques de Gaule, d'Aquitaine et de Gascogne (1059) a dû être connue directement par Yves de Char-
tres (c. 104).
1. III, 98, P.L., t. CLXI, c. 218 et suiv. — Jean VIII (in libro Gothicae legis),
100 — Louis le Pieux (Pervenit), 104 — Nicolas II (Sicut antiquitus), 107 — Orléans I, c.1 (Jd constituimus), 108 — — c. 2 (De raptoribus), 109 — — c.3 (Servus).
110 — c. 5 du pseudo-concile d'Orléans, appelé par Yves de CHAR- TRES conc. de Chalcédoine (Similiter)..
111 — Mayence, c. 39, appelé conc. de Thionville (« Servum confugientem » au lieu de « Reum confugientem »).
112 — Orange; c. 5 et 6 (Eos qui), 113 — Tribur, c. 6 (Si quis in atrio).
114 — pseudo-canon de Tribur, appelé c. 2 du conc. de Thionville (si quis contumax).
115 — Gélase (Metuentes), 116 — Gélase (Mancipia).
117 — Lérida (Nullus clericorum), 118 — Orange, c. 6 (Si quis mancipia), 119 — Gélase (Ad episcopos), 120 — Gélase (Frater), 121 — Tolède XII (Diffinivit).
122 = St. Augustin ? (Miror quomodo), 123 — «Ex libro capitulorum, V, 90 » (Reum), VI, 370 — Lérida, c. 8 (eod. L., c.370), XVI, 68 — Gélase (Metuentes), eod. L., c. 919. 69 — Gélase (Mancipia), 70 Oranse:c: 6:
76 — Rescrit d’Antonin à Ælius Marcianus, 77 — Gélase (Uxor Felicis).
2. Les décrétales Metuentes et Mancipia, les canons d'Orange sont insérés plusieurs fois ; le canon Metuentes est mis sous le nom du pape Grégoire ; le même texte est répété sous des titres différents (Reum et Servum).
Il reproduit également tous les textes qui avaient déjà pris place dans la collection A, même s'ils ont déjà été cités à la suite de Burchard : les décrétales Metuentes (c. 115), Ad Episcopos (c. 119) et Frater (c.120), les canons d’Orange (c. 118), de Lérida (c. 117) et de Tolède (c. 121).
Il y ajoute le canon Reum (c. 123), qu'il trouve dans les Faux Capitulaires, sans se douter qu'il l’a déjà insérée (c. 111) à la suite de Burchard sous le nom du concile de Thionville, ou plus simplement peut-être parce qu'il ne peut trancher le problème posé par la dualité d'inscriptions : dans la première hypothèse, le changement de Reum en Servum au début du chapitre III explique l’erreur ; dans la deuxième, il justifie la double insertion !.
Ce n’est pas sans étonnement que l’on voit apparaître au chapitre 122 une lettre de saint Augustin ?, que l’on chercherait vainement dans les éditions critiques de ses œuvres c'est le fameux canon Miror quomodo, apocryphe qui dut son immense succès à la période de découverte de l’ancien droit où il fut créé. Yves de Chartres a transmis des erreurs ou des faux, mais il n’a guère commis lui-même d’altération ? : il est donc probable que ce texte, mis en circulation avant lui, a été simplement recueilli par lui, comme tant d’autres
1. Seul le premier mot est changé : quelques années plus tard, Hildebert de Lavardin invoque le canon Reum comme un texte canonique : cf. p. 191, = 10:
2, « Dilectissimo et spectabili viro filio Bonifacio Augustinus. Miror quomodo tam subito fidei murum aries ruperit inimici. Novi enim qua religione semper sis Ecclesiam Dei veneratus. Quo instigante facinore hominem de ecclesia rapuisti ? Tuus si de tuo amico forte praesumeret, fugitivus, posset procul dubio intercessoris causa veniam promereri. Ergo si amicus intenditur, eur Deus offenditur. Sed si de potestate praesumitur, Nabuchodonosor regem intende qui causa superbiae in bovem est ex homine commutatus. Non ut confundam te haec scribo, sed ut filium meum charissimum moneo. Ecclesiae igitur illaesum revoca, quem ut irreligiosissimus rapuisti. Oblatio vero domus tuae a clericis ne suscipiatur interdixi. Communionemque tibi interdico, donec peracta pro ausibus vel errore a me definita tibimet poenitentia, et tempore condonato pro hoc facto, corde contrito et humiliato dignum offeras sacrificium Deo ». Cette lettre, que l’on a longtemps présentée comme la lettre 187 de saint Augustin, n’a rien de commun avec l'écrit authentique adressé à Boniface (Ep. 189 (187), C.S.E.L., t. LVII, p. 131), également connu et utilisé au Moyen-Age (par Bonizo de Sutri, Anselme de Lucques, Gui de Ferrare.. etc..:; cf. Mirgr, Die Stellung Augustins in der Publicistik der Gregorianischen Kirchenstreits, thèse, Gôttingen, 1888 ; la lettre authentique traite de la compatibilité du métier des armes avec les devoirs du chrétien). Ce faux, qu’avaient déjà suspecté Sarpr (De jure asylorum liber singularis, Venise, 1677, p. 41) et Van EspeN (Jus Ecclesiasticum universum, Louvain- Lyon, 1778, t. IV, 2, p. 72) a peut-être été fabriqué à l’époque où, les textes de Gélase n’ayant pas été retrouvés, on ne possédait pas un texte ancien condamnant la violation du droit d’asile.
3. Fournier et Le Bras, Histoire des collections, t. II, p. 80.
extraits patristiques, dans un des innombrables Collectanea ou Florilegia qui eurent cours pendant tout le Moyen-Age s
Nous trouvons également au chapitre 116 une lettre de Gélase que n’avait pas recueillie la collection A : la décrétale Mancipia; elle doit avoir été empruntée à la collection grégorienne analogue à la Britannica, utilisée par la collection A. On peut penser qu’il en est de même, dans le second groupe de textes, pour l’extrait du Digeste rapportant le rescrit d'Antonin à Aelius Marcianus, qui autorise la vente de l’esclave maltraité invoquant la protection des statues impériales 2. Si l’on excepte la décrétale Uzxor Felicis (KVI, BL), empruntée à la collection À, tous les autres textes de ce groupe sont des répétitions *.
La collection B de la Tripartita4et la Panormie ? prennent successivement dans le Décret les textes les plus importants.
Toutes ces collections s’inspirent des mêmes principes, empruntés à Réginon et surtout à Burchard et développés par elles. La sainteté du lieu ecclésiastique $, qui s'oppose à toute activité séculière ?, qui interdit de manger et de dormir dans l’église 8, qui oblige à réconcilier l’église polluée par l’ho-
1. Fournier et Le Bras, Histoire des collections, t. IL, p. 76.
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3. Les décrétales Metuentes (XVI, 68) et Mancipia (XVI, 69) et le c. 6 d'Orange, appelé concile d’Arles (XVI, 70).