TAG1TE, Annales, III, 61 et IV, 14, loc. cit
8. Tac1TE (III, 60) semble indiquer que Tibère chargea adroitement le Sénat d’une mission qu’il ne pourrait pas mener à son terme.
‘tradition et surtout de la fidélité des villes et des services qu’elles avaient rendus à la cause romaine. Peu dé temples conservèrent le droit d’asile ; on cite ceux de Diane à Ephèse et à Hiérocésarée, de Jupiter à Stratonicée, d’Esculape à Pergame, de Diane Leukophryne à Magnésie, de Vénus à Aphrodisias, etc. Des sénatus-consultes reconnurent les asiles maintenus et écartèrent ceux que l’on supprimait. « Il fut ordonné de les graver sur airain dans les temples pour en conserver le souvenir et de peur que, sous un prétexte de religion, on n’y donnât une extension abusive »1.
On fut d’autant plus sévère à l’égard de ces privilèges qu’il s'agissait d’une institution inconnue à Rome.
Dans l'Orient méditerranéen, l’asylie était très répandue. Les villes grecques obtinrent ce droit pour leurs temples, au début, par accord avec leurs voisines, puis, comme en Egypte, par concession des princes et des tyrans.
C'était là une faveur appréciable à cause de ses avantages économiques et politiques. La circonscription de l'asile était parfois d’une étendue considérable : tout un quartier de la ville d’Ephèse était engiohé dans celui du temple de Diane ?. De véritables colonies d’esclaves et de malfaiteurs réfugiés, devenant travailleurs et guerriers, se formaient autour des temples. Les objets précieux y étaient déposés et les affaires drainées : le privilège du temple de Délos y attira tout le commerce de Corinthe lorsque cette ville fut ruinée par les Romains. La ville enfin ne voyait pas sans orgueil la justice supérieure ou étrangère s'arrêter devant ses murailles.
En un mot, le privilège paraît avoir été bien plus accordé aux cités qu’à leurs temples et l’asile a toujours tendu davantage à devenir la ville qui accorde l’hospitalité.
Si à son origine se trouve un principe religieux, il n’est pas moins certain que le droit d’asile, dans l'Orient méditerranéen, tel qu’il nous est décrit par les sources et qu’il a pu avoir une influence sur la pratique chrétienne, présente toutes les caractéristiques de l’asile territorial 3.