‹ Le Droit d'AsileChapitre 51 sur 365 · SUR EE · texte numérisé non relu

SUR EE

Ce même écrivain 1, comme Socrate? et Sozomène®, raconte que dès 399 Eutrope tomba en disgrâce et courut se réfugier dans l'église de Constantinople, où le poursuivit la foule de ses ennemis triomphants et assoiffés de vengeance. N'étant pas condamné, il ne tombait pas sous le coup de sa propre loi et saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople depuis 398, lui accorda sa protection. Du haut de l’ambon, tandis qu'Eutrope, rempli de terreur, se cachait dans le sanctuaire, il s’adressa aux chrétiens qui remplissaient l’église pour leur demander d'oublier les agissements d’'Eutrope et de prier pour lui 5 : « Cet homme, leur dit-il, n'a cessé d'attaquer l'Eglise, il a lui-même fermé cet asile par ses décrets et ses lois iniques6. Prions Dieu d’apaiser la colère du souverain, afin que nous puissions obtenir sa grâce. Prions le clément empereur de respecter l’Eglise et l’autel, de permettre à la table sainte de sauver un homme qui s’est mis sous sa protection ! » L'intervention du grand évêque ne fut pas inutile : si nous en croyons Zosime”, on laissa s'échapper Eutrope, en lui promettant la vie sauve. Il fut exilé à Chypre, mais peu de temps après, malgré le serment fait, 1l fut arrêté de nouveau et mis à mort$.

yopncey ÉxXANT av Épovouv ÈZ xs vou +ù Hovhov»r, Zosime, V, 18, éd. de Bonn, p. 269.

Parlant de la disgrâce d’Eutrope, ZosiME écrit : « Lorsque l’empereur Arcadius eût entendu ces accusations, il manda Eutrope et le renvoya après lui avoir ôté ses fonctions. Eutrope courut en hâte se réfugier dans l’église de; chrétiens, qui avait par lui (—Arcadius) le droit d'asile ».

Dans ce texte, on a jusqu'ici toujours compris que &£ x vo désignait Eutrope ; les auteurs étaient donc obligé; d’imaginer (cf. MARTROYE, p. 177 et suiv.) un revirement d’'Eutrope qui aurait accordé le droit d’asile aux églises chrétiennes par une loi perdue, puis le leur aurait enlevé l’année suivante.’ E£ èxe‘vou ne peut, au point de vue grammatical, se rapporter qu’à Arcadius, ce qui, au point de vue historique, est beaucoup plus satisfaisant.

Wov; 18-100; cit:

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