SAC
L'ORGANISATION ET L'APOGÉE DU DROIT D'ASILE let
Plus fréquemment, on utilise des moyens détournés que l'Eglise condamne à l’égal des premiers !, mais qui paraissent moins graves qu'une violation directe. En 560, Chramne cerne Austrapius dans la basilique de Saint-Martin de Tours et interdit de lui fournir des aliments?. Pendant le siège, la troupe des assaillants vit, d'ordinaire, aux dépens de l’église ou de l’abbaye et ravage ses possessions ; mais lorsqu'il se prolonge trop, les hommes se lassent et, s'ils ne sont pas relevés à temps, ils se dispersent * : le réfugié est provisoirement sauvé. Pour éviter un tel résultat, les rois mérovingiens ont souvent recours à des procédés plus rapides. Roccolen est envoyé, vers 575, par Chilpéric pour s'emparer de Gontran-Boson à Saint-Martin de Tours où, soupçonné du meurtre de Théodebert, il s’est enfui. S’étant heurté à l'opposition de l’évêque Grégoire, il pille les alentours de la basilique et commence à démolir les dépendances de l’église ; mais la maladie, puis la mort l’empêchent de réaliser son dessein 4 Effrayé, sans doute, de ce qu'il croit être un châtiment du ciel, Chilpéric dépose une lettre sur le tombeau de saint Martin, pour lui demander s’il peut arracher Gontran de son sanctuaire; ayant attendu vainement la réponse pendant trois jours, il se contente d'exiger de ce dernier la promesse de ne pas quitter la basilique sans son autorisation *.
En 587, Childebert poursuit Ursion et Berthfried, accusés de complot. Hésitant à les extraire par force de la basilique de Saint-Martin, au pays de Woevre, il y met le feu. Les deux malheureux s’échappent et Ursion est tué; Berthfried réussit à gagner Verdun, où l’évêque l’accueille dans l’oratoire dépendant de sa maison et refuse de le livrer. Les hommes de Childebert démolissent alors le toit et tuent
1. C. d'Orléans, IV, c. 21 : «seu vi seu dolo », cité, p. 119, n. 2e