‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 23 sur 87 · XLII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIOUE · texte numérisé non relu

XLII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIOUE

de ceux qui se conTertissaient au catholicisme; il tro vait, ainsi qu'il nous l'apprend, que tout ce qui était { néralement reçu dans l'Église de Rome avait pour i l'autorité de ces Pères grecs et latins, dont persom n'aurait refusé de partager les croyances; et enfin, da une lettre remarquable adressée à Wytenbogart sous date de 1644, il met en avant, comme une chose g mérite considération, la question de savoir : s'il ne sen pas plus raisonnable, de la part de simples individus (f trouvent les doctrines les plus essentielles dans ai Église en possession d'une hiérarchie universelle, etpH sentant une succession légitime, de mettre de côté, dfll un intérêt de concorde, leurs différends avec cette ÉgU» en donnant aux choses la meilleure interprétation po sible, mais gardant seulement le silence sur leurs propn opinions; que de penser que l'Église catholique è s'accommoder aux diverses opinions de ces mêmes il dividus^

« Lihr, citât, t. III, p. 48.

Hallam a consacré une longue note à l'examen de cette tendauee Grotius vers TÉ^i^lise de Rome. Il a invoqué le témoignage irrécotable la correspondance du publiciste hollandais. Son travail est d'autant pi intéressant, que les lettres de Grotius sont généralement peu lues, même ne le sont pas du tout. En voici le résumé.

Le profond respect de Grotius pour les Pères et pour rautorité l'Église primitive, se fortifia chez lui d'autant plus qu'il les trouva h( tiles aux doctrines des calvinistes. Il fut ravi de trouver saint Jérôme saint Chrysostôme de son bord {Épist. 29, an 1614). L'année suivan dans une lettre à Vossius, il va fort loin : « Quid enim magis est (à num ah unitate catholicd, quàm quod diversis in regionibtis paston

diversa populo tradere coguntùrf » {Epist, 66). Il était al

grand partisan de l'Ëglise anglicane, et demeura dans ces sentime jusque vers la fin de sa vie, époque oil il s'avança plus loin. Il était pendant trop Érastien pour les évéques anglais du règne de Jacqii gui luj reprochaient d'avoir attribué au magistrat civil un pouvoir d* oUifdans leg controverses en matière de fol, et d'avoir rangé parmi

son 6E0TIUS ET SON TEMPS. ZLIII

éoccupations Ihéologiques n'avançaient point es de la Suède. Grotius avait-il assez de souur lutter avec avantage contre les obstacles qui ient devant lui? Oxenstiern dut venir lui-même e pour conclure le traité que son ambassadeur chargé de négocier. Grotius, abreuvé de déais soutenu pourtant par l'estime du grand miédois, sollicita bientôt et obtint son rappel. Il i Suède et voulut traverser la Hollande, où il ivec honneur. La plupart de ses ennemis étaient ï fortune était devenue favorable à l'ancien réien ne réhabilite comme la prospérité et la a Hollande se repentit enfin d'avoir méconnu et lé l'un de ses plus grands génies, à Stockholm, Grotius reçut de la reine et du ancelier un accueil flatteur. Christine avait un p éclairé, pour ne pas tenir à s'attacher l'illustre arneweld*. Mais Grotius était lassé de la caressentielles répiscopat, que les évêques considéraient comme it divin. Grotius persista dans son opinion, que l*épiscopat t commandé comme une institution perpétuelle, et il pensait l'y avait, entre les évêques et les prêtres, d'autre distinction préséance.

lettre qui fut adressée par la reine Christine, à la veuve de 12 août 1648, telle qu'elle est reproduite en français dans la ciste hollandais, par Gocceius.

idame,

ris de vostre lettre du 16 juillet, comme quoy mon ambassadeur a rdres que je luy avois donnés touchant les livres de feu Monsieur e mary ; et que nonobstant les offres que des autres avoyent falotes ndre possesseurs, vous avez eu plus de considération pour mes OUF les avantages que Ton vous faisoit espérer de ce costé-là. J'ads le plaisir que je prens à la lecture des bons autheurs, je sois oureuse des escrits de Monsieur Grotius, que je ne m*estimerois , si je me vois descheue de l'espérance de les associer à ma Biblioambassadear vous peut avoir dict une partie de la haute ealim^ I son zdmirabJewieJ/Igence, et des bons services qu'ilm'arexi^'Q^;

XLIY ESSAI BIOGRAPHIQUE BT HISTORIQUE

rière orageuse des affaires publiques. Inquiet des jalousies dont il se voyait l'objet, fatigué du climat rigoarpax de la Suède, il demanda sa retraite. Christine résista quelque temps, mais sur les instances réitérées de Grotius, elle finit par lui accorder ce congé tant désiré, en y ajoutant un riche présent. Grotius était désormais placé à l'abri du besoin ; il n'aspirait plus qu'à couler dans le repos et dans la culture des lettres les jours de sa vieillesse.. Il s'embarqua pourLubeck, l'une des villes anséatiques. Mais à peine était-il en mer, qu'une violente tempête s'éleva. Après avoir lutté pendant trois jours contre la vents, son vaisseau fit naufrage sur les cdtes de la Poméranie. Accablé de fatigue, monté siir un charriot découvert, Grotius fit soixante lieues, exposé au vent et à h pluie, et arriva mourant à Rostock. Là, éloigné de sa fitmille et de ses amis, après onze jours de maladie, il exphra dans la nuit du 28 au 29 août 1645, entre les bras d'un ministre de sa religion K Ses entrailles furent dépo-

mais il ne scauroit vous exprimer parfaictementà qael point son soutenir m'ai cher, et les effècts de ses travaux considérables. Que si l'or et Tirgent p(Mvoyent contribuer quelque chose à rachepter une si belle vie, il n'y anroit nm en mon pouvoir que je n'employasse de bon cœur pour cet eflâct. Jogei de là, que vous ne scauriez mettre ces beaux monuments et reliques entre des matai dont ils soyent mieux reçus et traictez, que les miennes; et puisque la vie de leur autheur m'a esté si utile, ne souffres pas que sa mort me priva entièrsment des fruicts de ses illustres peines. J'entends qu'avec les livres que d'ntres ont faicts, vous me fassiez tenir tous ses mémoires manuscripts et extnictik suivant la promesse que vous m'en faites dans vostre lettre. Vous ne ns scauriez jamais mieux tesmoigner vostre bonne volonté, qu'en ce rencontre, et j'ay, Dieu mercy, dequoy le recognoistre, et vous en récompenser, aind qw mon ambassadeur vous donnera à entendre plus particulièrement, anquel as remettant, je prie Dieu qu'il vous maintienne en sa saincte grâce,-

Chrutimb. »

A Stockholme ce 12 d'aoust 1648.

Ml y a les détails suivants dans la vie de Grotius qui précède l'édition de Gocceius. Je traduis :

« Le lendemain on fit venir auprès de lui le docteur en médecine Stockmannus, qui, ayant observé les pulsations, attribua la faiblesse da

Page 1