‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 19 sur 113 · XXYI ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XXYI ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

Traduit devant un tribunal incompétent, jugé par ses ennemis personnels qu'il tenta vainement de récuser, faiblement protégé par la timide intercession de l'ambassadeur français, Bameveld fut envoyé à. Téchafaud. Il se défendit en homme libre et mourut en martyr. Avant de livrer sa tête aux bourreaux, il dit au peuple assemblé : c( Je meurs pour avoir défendu la liberté et les droits de la patrie I »

Les mêmes commissaires instruisirent le procès d'Hoogerbertz et de Grotius. L'un et l'autre furent mis au secret et traités avec la plus grande rigueur. On espérait, en lassant leur constance, les contraindre à s'avouer coupables : c'était à ce prix qu'on mettait l'indulgence qu'on leur permettait d'attendre. Mais les deux prisonniers dédaignèrent une grâce qu'il fallait acheter au prix de l'honneur.

Le crime de Grotius était d'avoir secondé Bameveld dans les actes qui avaient conduit ce martyr politique à la mort; d'avoir été député des États auprès du sénat d'Amsterdam, pour détacher cette ville du parti des Contre-Remontrants^ ou partisans de Gomar; enfin d'ad'avoir engagé la ville d'Utrecht à se défendre contre le prince d'Orange. Dès son premier interrogatoire, il déclina la compétence des commissaires choisis pour le juger, réclama ses juges naturels, et, repoussé dans toutes ses réclamations, protesta contre la violence qui lui était faite. La fermeté de sa défense irrita ses persécuteurs : après ce premier interrogatoire, le papier et l'encre lui furent retirés. On continua de l'interroger, en choisissant de préférence les moments où sa force était abattue par la maladie, et en lui refusant même la lecture de ses interrogatoires. Grotius demanda la faculté d'écrire sa défense; on lui donna cinq heures de temps

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