TOUS
Nous écoutons...
IVANOFF
Il y avait à la cour une fille d'honneui* de la tzarinc, que sa beauté fit rechercher par le prince... Bérezofl" et par le comte... Apponielî'. — Ce fut Bérezoff qui l'emporta. Il était un des plus acharnés joueurs de la cour; Apponielf qui jusque là n'avait jamais tenu une carte, se mit à jouer à son tour ; on dit que c'était pour oublier son chagrin... Bref il devint, lui aussi au bout de quelque temps un joueur formidable ; et souvent le partenaire de B,'*rezotf. Pou:- celui-ci la passion du jeu était })eu à peu devenue de la rage; devant les cartes il était pris d'une sorte de fièvre, il avait des accès de folie, il ne se possédait plus.
UN HABITUÉ
Ou en voit comme cela, même à Paris.
IVAKOFF.
Un jour, Bérezoff, à une table de jeu avait accumulé autour de lui plus de deux cent mille roubles, et cent mille gagnés sur parole. « Je joue tout mon gain » cria-t-il — « Je tiens » — fit Apponieff.
SERVAL
Bel enjeu !
IVANOFF
On vide les coupes de Champagne et la partie commence... — Bref, avant le jour, Bérezolï avait perdu tout ce qu'il possédait, son palais sur la perspective, ses domaines, ses paysiins, ses châteaux, et jusqu'au diamant qu'il portait ù son doigt, présen du tzar.
UN HABITUÉ
C'est moscovite et lïoyardesque !
BRÉVANNES
C'est seigneurial, c'est royal!
GLARENS, à TrinquesBO à mi-voix.
C'est royalement idiot !
TRINQUESSE.
Ah! j'tc crois !
BRÉVANNES
Eh bien, que devint-il?
IVANOFF
Attendez! ce n'est pas fini !