ACTE CINQUIÈME
votre beauté, j'aime votre ûmc. Je rêve non seulement l'amouc, le baiser, mais une telle conformité de pensées et de sentiments, que sur les grandes choses de la vie, on soit presque assuré de penser et de sentir de même. Aussi, mon bonheur et mon triomphe, c'est de vous amener ù voir les choses comme je les vois.
BLANCHE
Vous y réussissez... Je m'abandonne à votre direction, vous me dominez...
ROBERT
Non pas ! je vous éclaire ! Je ne veux point d'autre domination que celle de la vérité, d'autre l - Uuence que la persuasion!...
BLANCHE
On est facilement persuadée, quand on vous i vite au bonheur !
ROBERT, presqu'à genoux devant elle.
Ce serait donc aussi le bonheur pour vous, comme pour moi ?. ..
BLANCHE
Oui, mon ami, car moi aussi...
ROBERT
Vous aussi?... Oh! dites!... Achevez!
BLANCHE
Vous devinez bien... Moi aussi... je vous aime!...
ROBERT
Et moi, je vous adore!...
Il lui ombrasse follcraont les mains. Un temps. BLANCHE, se levant.
Mais il va falloir prendre patience, mon ami !
Attendre la fin du procès, les longs délais ! Ne vous lassercz-vous pas?... Ne regretterez-vous pas de vous être attaché ù une l'euiiue, qui, de longtemps ne peut vous donner le bonlieur. Tant que la loi ne m'aura pas affranchie, j'ai peur que vous souffriez, j'ai peur d'être comme une morte qui vous empêche de vivre,
ROBERT
Et n'est-ce pas vivre que de vous voir?.,, d'attendre, d'espérer le bonheur ? Et n'est-ce pas déjà le bonheur d'en avoir la i)romesse? Ne sentez-vous pas ma joie, et ne croj^ez-vous pas que pour vous, je subirais bien d'autres épreuves ? — Souffrir ! Oui, je suis prêt à souffrir, et je voudrais souffrir en effet, pour acheter ainsi et mériter mieux le bonheur que je trouve en vous... Souffrir pour vous, ce serait la seule chose, qui puisse ajouter une goutte de plus à mon ivresse,
BLANCHE
Je suis fiére, je suis heureuse d'être aimée ainsi et je me repose confiante |dans la douceur infinie de cette affection.
ROBERT
Oh ! vous le pouvez !.,.