ACTE CINQUIÈME
veux vous faire une entière confessioii... oui, je suis un misérable ! J'étais entraîné! J" ai joué sans savoir ce que je faisais... — J'ai joué ce que je ne possédais pas; j'ai perdu le Piaincy qui est à vous. — J'étais halluciné, j'étais fou ! — Et maintenant je n'ai plus rien, rien ! je suis au fond du gouffre!... Mais en y tombant, je me suis réveillé; — guéri, oh! bien guéri... mais, songez donc que je ne veux pas être disqualifié, exécuté !... Il faut que je paye ! Je suis un homme d'honneur; — je reviens à la raison, mais aidez-moi. — Pour me sauver, ne voulez-vous pas faire un dernier sacrifice?
BLANCHE
J'en ai déjà fait trop : tous ont été stériles...
SERVAL
Songez que vous portez mon nom.
Je vais le quitter, et le monde sait bien que je ne suis pas votre complice.
SERVAL
Je vous ai fait du mal, c'est vrai, mais la pitié est la plus belle vertu de la femme, ne soyez pas infiexible... songez que si je ne puis tenir mes engagements et payer, je ne peux plus paraître nulle part, il faut que je quitte Paris.
BLANCHE
C'est ce que vous avez de mieux à faire.
SERVAL
Je veux me relever... me réhabiliter par le travail.
BLANCHE, à part.
Serait-il sincère?.., (Moins rude.) Je souhaite que vous réussissiez?
SERVAL
Mais il faut me soutenir dans mes efforts! Je veux racheter mes fautes passées... Venez avec moi.
BLANCHE
C'est trop demander!
SERVAL
Pour échapper à mes ci'éanciers, je dois disparaître momentanément. — Un ami nous offre un asile. Je travaillerai, je referai ma vie, je reconstituerai notre fortune : dans deux ans, tout sera oublié et nous reviendrons, venez 1
BLANCHE
Impossible !
SERVAL
Ah! le monde ne vantera pas votre grandeur d'âme, car c'est dans le malheur que vous m'aljandonnez...
BLANCHE
Non 1 C'est dans la honte que je refuse de vous suivre!
SERVAL
Un ami banal m'est plus secourable que vous!
BLANCHE
Et quel est cet ami sauveur ?
SERVAL
Ivanoff, qui nous offre un refuge en Ukraine.