‹ Le droit du seigneur, et la rosière de SalencyChapitre 14 sur 23 · LES RUELLES · texte numérisé non relu

LES RUELLES

DU

XVIIP SIÈCLE

PAR

LÉOZN: "DE LQ^'BESSQ^'DE

Préface par Alexandre Dumas fils

de l'Académie française

Eaux-Fortes par Mongin

Couvertures et titres, nombreux fleurons, lettres et culs de lampe, gravés sur des documents de Vépoque.

Les eaux-fortes imprimées par A. Salmon

Deux magnifiques volumes in-8» couronne, de 35o pages chacun, couverture et titre ornés, imprimés en rou^e et noir, et tirés avec grand luxe par Bluzet-Guinier.

Imprimés à 600 exemplaires tous numérotés

500 exemplaires sur papier vorgé de Hollande à la forme, ao fr. 50 — — Whatman Turkey-Mill .... 40 »

20 — — de couleurs 40 »

15 — — de Chine véritable $0 »

12 — — du Japon 7$ »

3 — sur peau de velin 150 »

S48 LIBRAlft» iDOUAmo KOUTKntE

amoureuses et les parleuses du xviii« siècle; elles seront tirées par M. Salmon, c'est tout dire au point de vue de la netteté et du fini; les exem' plaires de luxe auront trois états auant la lettre, en noir, sanguine et bistre.

Le xviii* siècle est aujourd^ui en pleine renaissance; ses poètes, ses conteurs, son théâtre, ses charmantes parleuses, leurs malices cruelles et spirituelles colportées de la ville à la Cour et de la Cour à la ville, — ses nouvelles à la main, les mille indiscrétions d'une société blasée, composée d'élégants, de viveurs et de sceptiques, — ces bruits de paroles étouffées, ces rumeurs de baisers que l'on dérobe, le rouge, la poudre et les mouches de cette époque, — les sottisiers, les libellistes françf.is et anglais, les gazctiers hollandais, Mercures, Anas, auteurs aristocratiques, pièces satiriques et burlesques, Ruellistes de Cour, sociétés galantes, cabinets d'esprits, bulletinisteset feuilles volantes, salons littéraires, nouvellistes, fugues de tout genre, — voilà nos 'Ruelles,

Un ouvrage de cette nature ne s'analyse pas; il faut le lire, car il s'adresse aux savants, aux amiateurs, aux bibliophiles, aux gens du monde, aux femmes surtout, car nulle époque ne fut plus élégante et n'eût autant de politesse, autant de raffinement dans le langage et dans les manières. Les seigneurs de la Cour savaient reproduire admirablement le dandysme si français, si aisé, noble et familier, du duc de Richelieu, l'allure pic]uante, talon-rouge et fière de Lauzun, la grâce aristocratique, le grand air d'excellente compagnie d'un Rohan, — le tout rehaussé par la belle humeur d'un siècle qui souriait avant de mourir, par ces adorables taquineries du geste et de la phrase^ ces critiques enjouées et cependant à l'emporte- pièce, ces vives saillies, marquées au coin d'une duchesse originale ou d'une vindicative épistolière. Rires et baisers, esprit et jgrâce, ne reconnait-on pas là les dieux peu vêtus du xviii« siècle ?

L'auteur, voulant marquer le caractère de son oeuvre, s'exprime ainsi : « Les friands morceaux, c les méchancetés rimées , les curieuses révélac tions, cyniques plus d'une fois, toujours sans c retenue, les vengeances de femme contenues dans c un quatrain, dans un sixain, dans une réponse.

LIBRAIRIE EDOUARD ROUVETRB 249

« une lettre, un çeste^ un mot, abonderont dans « notre livre, c^ui comblera — nous le souhaite- « rions du moins — une regrettable lacune dans « l'histoire littéraire et anecdotique du siècle qui « vit s'épanouir la Régence, qui^ assista aux fêtes, « aux triomphes, aux dominations, aux caprices « des Reines de la main gauche. L'amour resta la « préoccupation du temps, son désir, sa constante « pensée, sa passion profonde, son désespoir et sa « lolie. Le xviii« siècle aima la femme jusqu'à la « démence, jusqu'à l'oubli du dévoir.

« Ce caractère fin, acerbe, persifleur, avec le « mordant du sel gaulois^ quelque chose comme « le slang des Anglais transplanté en France, in- « fusé dans notre langue romane, de parler si « léger et d'allure parfois si narquoise, ces échappe pees de belle humeur, ces joyeusetés à tout rom- « pre, ces malices féminines passant sans le couvert « d'un rire qu'on a peine à contenir, — tout cela « formera le^ caractère de notre livre et peut-être « son attraction.

« S'il faut, comme l'a dit Delvau, moucher un « mot morveux, nous ne reculerons pas devant « cette opération; cette œuvre délicate accomplie, « nous tacherons de conserver à la phrase le par- « fum adouci du mot trop haut en couleur.

« L'histoire en robe de chambre, voilà nos « Ruelles; aussi, sans perdre leurs sourires, leurs « saillies provocantes, leur folle gaîté, auront-elles « un rapide regard, une école buissonnière, une « promenade nonchalante, qui leur permettront « de toucher çà et là aux réalités de l'histoire; « — mais que l'on se rassure, elles n'y toucheront « qu'avec les ailes de la fantaisie, la bonne et douce « humeur d'une âme remplie d'optimisme.

« Nos Ruelles TXTonty elles riront gorge déployée ; « le rire est sain, il est contagieux, cette joye de « V esprit en marque la force, un mot bien vrai du « XVII» siècle; — - le rire est un fruit délicieux du « terroir français. Les Anglais ont leur humour; « c'est une pointe bien aifférente de notre rire. « Donc, si on le permet, nos Ruelles, sans cesser « d'observer, de chercher, de fouiller, d'exhumer, « riront et jaseront à leur ordinaire. Rire et jaser, c deux excellents défauts, qui valent bien d'autrea « qualités. »

ftSo UBftAimn iDOUAio ftourras

Voici le titre des ▼ingt<inq chapitres qui formeront les deux volumes :

L Lettre-Prèfice de M. Aleundre Domu fils, de rAcadèmie française.

H. Réponse à M. A. Dumas.

m. Sa sonnets. Imprimés à part, et qve Pon tr oo t eim dmu les Tolume sons nne convertnre rose.

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