LIVRE II. — LES PERSONNES EN DROIT INTERNATIONAL
Orient. Mais ce principe ne semble pas applicable dans la même mesure à l'Amérique où les Etats-Unis sont devenus évidemment, aujourd'hui déjà, la puissance dirigeante de toute cette partie du monde.
Lorsqu'un peuple, abusant de sa puissance/ essaie d'arriver à la domination universelle, cette tentative constitue une menace pour l'équilibre et justifie la résistance commune des autres états.
1. Voir la remarque précédente. On ne doit pas confondre ces menaces iniques contre l'existence d'états indépendants, et qui ne forment point entre eux un corps politique, avec les mesures comminatoires prises par un grand état national contre les tendances particularistes et insoutenables de certains états de la même nation. L'annexion de ces derniers peut devenir une condition nécessaire au maintien de l'existence nationale et du bien-être commun, ou être la conséquence inévitable du développement national d'un peuple. L'histoire d'Italie, en 1860, 1866 et 1870, et celle d'Allemagne, en 1866 et 1871, font comprendre clairement cette idée. L'équilibre des états italiens et allemands ne pouvait subsister longtemps, car il ne résultait pas de la nature des choses ; on a pu y renoncer sans regrets, puisqu'on pouvait le remplacer par un état national et acquérir ainsi dans le monde une position plus respectée.
La suprématie même partielle d'un état peut menacer la sûreté et la liberté des autres, et par là porter atteinte à l'équilibre.
Elle justifiera donc la résistance commune des autres états pour restreindre cette suprématie. — Ce principe sera particulièrement applicable lorsque la puissance maritime d'un état prendra un développement dangereux pour la liberté des mers.
1. Comme exemple, on peut mentionner les traités des états neutres contre la domination de l'Angleterre sur les mers.