SOUVERAINS
§ 194. Le droit au respect que les États se doivent mutuellement, impose incontestablement aux souverains l'oblîga-
tion de s'abstenir, dans leurs relations personnelles et dans leur correspondance, de toutes les formes blessantes au point de vue général, ainsi qu'il a été expliqué au § 32. Mais il ne prescrit nullement l'observation de certaines formes positives. Néanmoins l'inégalité de rang qui s'est établie entre les États souverains, et le sentiment de leur dignité individuelle d'une part, l'esprit de la chevalerie occidentale et les usages des Cours d'autre part, ont introduit des formes dont l'ensemble constitue le cérémonial public. H embrasse une foule de ces graves riens (selon l'expression d'un spirituel écrivain, M. de Flassan), dont l'oubli ou l'inobservation sont regardés comme un outrage public. C'est à cause de ce caractère en quelque sorte obligatoire, que la science politique ne doit pas le négliger entièrement.^
Le cérémonial s'applique:
1° aux relations directes des souverains et des membres des familles souveraines, soit dans leurs rencontres personnelles, soit dans leur correspondance;
. * Les ouvrages relatifs à cette matière en général peu jnridiqne sont indiqués par d'Ompteda § 207 et 208 et de Eamptz § 138. Les plas importants, quoiqne vieillis snr plnsieors points, sont les suivants:
Il Ceremoniale historico e politico di Gregorico Leti. 6 vol. Amstel. 1685. 12.
F. G. de Winterfeld, Teutsche und Cérémonial Politica. 3 vol. Frankf. und Leipzig 1700. 1762. 8.
G. Stievens, Europâisches Hofceremonial. Leipzig 1714. tome II 1723. J. C. Lunig, Theatrum ceremoniale historico -politicum. Leipzig 1716.